Teigne furfuracée

Melle S....., âgée de 12 ans, d'une constitution scrophuleuse, jolie de figure, d'une intelligence bornée, née de parents sains, était atteinte depuis l'âge de 5 ans à six ans d'une humeur visqueuse et ichoreuse qui suintait du tissu réticulaire, s'attachait à ses cheveux et se desséchait sous forme d'écailles, dont les couches s'épaississaient par superposition : leur couleur était blanchâtre à l'extérieur ; quand elle quittait sa coîffe le matin, il tombait une grande quantité de cette desquammation qui ressemblait à de la farine grossière : la peau était lisse, rosée, et semblait dénuée d'épiderme ; les fonctions se faisaient mal, la tête était lourde et douloureuse, l'amaigrissement assez fort : elle avait subi quelques traitements dans lesquels on avait employé les frictions mercurielles, les cautères, les vésicatoires, la ciguë, etc. Tous ces remèdes furent administrés sans succès : on la conduisit à Néris à la fin d'août 1816 ; je la soumis à un régime doux et dépuratif ; j'employai quelques pillules de ciguë, je fis faire des lotions et des cataplasmes, la nuit, de cette même plante, des purgatifs répétés tous les 10 jours, j'ordonnai une grande propreté, la tonsure des cheveux, des bains de vapeurs sulfureuses, des bains sulfureux à 32 degrès, des bains minéraux simples et des douches sulfureuses sur la tête : tel est le traitement que j'ai suivi pendant 2 ans et dont j'ai obtenu le succès le plus complet. (J'observerai que dans l'intervalle de ces deux années, cette demoiselle prit à Néris 3 saisons de 30 et quelques jours, et qu'elle a suivi avec le plus grand soin, chez elle, le régime que je lui avais indiqué). Les cheveux sont revenus très abondants, longs et beaux, la tête est on ne peu plus nette ; toutes les douleurs ont disparu, la menstruation s'est faite parfaitement : aujourd'hui, mère de famille depuis 8 mois, elle est aussi fraîche que jolies.

Docteur Boisrot Desserviers. 1822