Patrocle, originaire du Berry, ayant reçu d'Arcandius, évêque de Bourges vers 538-541, la tonsure puis le diaconat, se rendit à Néris où il édifia un oratoire en l'honneur de Saint Martin. Là, il se donna à l'instruction des enfants en même temps qu'il guérissait les malades qui venaient à lui. Patrole se retira ensuite à Colombier où il fonda un monastère d'hommes. A sa mort, le 19 novembre 576, l'archiprêtre de Néris décida d'enlever le corps du saint et de l'enterrer dans le bourg d'où il était parti. Il accouru avec une troupe de clercs prêt à employer la force pour s'emparer du corps mais voilà qu'à son arrivée, le voile sous lequel gisait le saint se couvrit d'une blancheur éclatante. Terrifié, l'archiprête renonça aussitôt à son projet.

5_AL'église paroissiale de Néris fut sonnée aux prévôt et chanoines réguliers du monastère d'Evaux par Archambault III de Bourbon après l'an 1078. Elle s'élève dans la partie haute du bourg entre la place du marché et ce qui était le foirail, à côté de l'ancien château dont parlait Nicolas de Nicolay (voir "Néris en 1569"). Le cimetière entourait l'église.

Ce qui, dans l'église de Néris, arrête tout d'abord l'attention, c'est le mur nord qui présente tous les caractères d'un mur de l'époque romaine.

Il comprend 6 rangs de pierres cubiques. Ces zones sont séparées les unes des autres par une chaîne de briques dont chacune est formée de 3 rangs de briques.

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La construction de ce premier bâtiment romain du haut-empire daterait de la fin du IIIème siècle. C'est l'abbé Gerle, curé de Néris, qui le premier en 1910 reconnu le caractère romain de ce mur. C'était probablement un bâtiment rectangulaire ruiné sans doute lors des invasions.

Nous apprenons par les archives paroissiales que le samedi 22 janvier 1583, vers midi, un tourbillon de vent abattit le clocher. Le 13 juillet 1782, à minuit, la foudre tomba sur le clocher, brisa toute la charpente sans endommager les cloches, abattit le Christ à l'entrée du choeur, cassa celui de la chapelle Saint Abdon, arracha des pierres du pilier du choeur du même côté, fit tomber le crépi en différents endroits et terrassa 8 sonneurs dont un eut les cheveux brûlés.

En 1871, pour donner de l'ouvrage aux ouvriers, la commune entreprit le nivellement de la place mais les travaux ne portèrent que sur les abords des routes de Clermont et de Chamblet. En 1879, le maire qui était, comme en 1871, Monsieur Boissier, fit reprendre et achever ce nivellement et, cette fois, on abaissa la place d'environ 1 mètre autours de l'église, dans laquelle, jusqu'àlors, on entrait de plein-pied. On dut construire devant le grand portail un perron de 6 marches et, devant la porte latéral (ouverture faite en 1834) un escalier de 7 marches.

L'église romane était déjà classée parmi les monuments historiques. Mais devant son état de délabrement fut déclassée en novembre 1888.

Des travaux de rénovations, confiés à Mr Victor Bougerolle, architecte à Montluçon, commencèrent le 22 septembre 1910. La maçonnerie du clocher fut réparée et la couverture refaite en son entier. Les travaux furent interrompus le 12 novembre et ils reprirent le 1er mai 1911.

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Un contrefort de la façade fut démoli et refait ; la façade fut restaurée.

En 1914, on récrépit l'abside à l'extérieur et on remplaça les 4 contreforts de cette abside par 4 autres d'une saillie double.

C'est en 1919 que fut poser l'autel.

Des fouilles archéologiques eurent lieu à l'intérieur de l'église. Elles commencèrent le 29 août 1921 et se sont poursuivies jusqu'au 7 septembre. Le sol de l'église est rempli de débris de squelettes ce qui était prévisible car jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, on y a fait un grand nombre d'inhumations. certains seigneurs de fiefs situés en la paroisse, tels que ceux de Pérassier, Montassiégé, Bloux et Ferrières avaient le droit de chapelle et de sépulture dans l'église ; et, de plus, on y enterrait tous ceux qui en avaient exprimé le désir et faisaient des fondations pieuses. Il arrivait même que, dans l'impossibilité de creuser des fosses dans le cimetière à cause de la gelée, on enterrait les corps dans l'église.

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Le clocher abrite un beffroi de bois où les dates 1748 et 1825 témoignent soit de sa première construction et de sa réparation, soit probablement de deux réparations.

Concernant le clocher, il faut rappeler que l'horloge est un don de Madame Rollin (je n'ai pas retrouvé la date).

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En 1983, on renova le clocher et son coq (il avait été installé en 1949) : c'est le vendredi 22 avril 1983 à 17 h 30 très précisement que l'animal qui veillait sur les maisons nérisiennes repris sa place, tout flamboyant et bardé du ruban tricolore.

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Malheureusement, ce coq fut frappé par la foudre et fut remplacé en 1987 (bénédiction faite par l'abbé Hurier) :

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Les abords de l'église ont été refaits en 1990-91 (si ma mémoire est bonne) lors de l'embellissement de la place (contruction des pyramides).

Plus proche de nous en 1997 : réfection des façades, remplacement de l'horloge et mise en place d'une rampe de sécurité le long de l'escalier qui mène à l'église.

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