20 août 2010

La ligne de MONTLUCON à GOUTTIERES

Voici un documentaire sur la ligne de chemin de fer de Montluçon à Gouttières. Cet article évoluera en fonction de l'avancement de mes recherches.

mise à jour du 20 août 2010

La construite de la gare de Néris les Bains fut déclarée d'utilité publique en juillet 1913 mais il était déjà question d'un tramway dans les années 1897 qui devait relier Montluçon à Commentry en passant par Néris.

La ligne fut tracée sur le papier en 1919 et les expropriation commencèrent en 1924. D'une longueur de 45 kilomètres, c'est la dernière ligne construite par le PO (Paris Orléans).Elle se faufile dans une région accidentée. D'une altitude de 211 m au départ, elle arrive à son terminus de Gouttières à 655 m.

Les travaux de terrassement furent effectués entre 1921 et 1926 et la construction entre 1929 et 1931.

Voici un document inédit et très intéressant faisant partie de mes archives personnelles : un extrat du tracé de la ligne :

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Voici voyez ainsi le tracé naturel du terrain et celui de la ligne. Observez le travail énorme qu'il a fallu effectuer (remblai, viaducs...).

Dessinée par l'architecte Louis Brachet, la gare de Néris est un véritable chef d'oeuvre. Elle fut construite en grés rose de Montvicq et les pierres de taille en granit provenaient des carrières de Treignat. Les soubassements en grés houiller provenaient de Vallon.

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Le bâtiment voyageurs est un véritable manoir avec non moins de 4 logements de service au 1er étage (en raison du personnel plus nombreux pendant les cures thermales), une toiture au dessin complexe formée par des tuiles polychromes.La verrière, située côté voies a été endommagée par un orage de grêle en 1946.

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L'ouverture de la gare avait été prévue pour le 8 mars 1931 mais les intempéries de l'hiver 1930-1931 retardèrent les travaux. Un premier train de reconnaissance passa sur la ligne le 5 mai 1931 avec une locomotive à moteur 141T série 5600 (voir photo ci dessous) n° 5701, le mécanisien était Mr Passat et le chauffeur Mr Robert, tous les deux de Montluçon.

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L'inauguration eut lieu le 15 mai 1931. Mais la ligne n'est pas rentable (baisse du nombre de curiste notamment) et fut fermée au trafic des voyageurs le 15 mai 1939 sauf pour l'express Paris Néris qui fut arrêté en septembre 1957. Il ne subsista que le trafic des marchandises qui stoppa définitivement le 3 novembre 1969.

173A

La ligne est établie en voie unique. Le rail est du type 36 kg/m posé simplement sur du ballast constitué de sable. Des voies d'évitement ont été prévues à Néris les Bains, Durdat Larequille, Marcillat et Pionsat. La gare de Néris possédait d'une troisième voie entre les deux quais, particularité répandue au PLM mais peu courant au PO.

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Au début des années 30, le PO loue, l'hiver, la ligne à la maison Michelin de Clermont Ferrand qui vient essayer ses nouvelles Michelines avant livraison aux compagnies de chemin de fer. Le 22 avril 1936, le PO effectue un essai avec un autorail ADN du centre du Blanc (Indre) pour parcourir la ligne dans l'horaire Montluçon - Ville 16 h 55, Néris les Bains 17 h 08, Clermont Ferrand 19 h 38. L'autorail est autorisé à rouler à une vitesse supérieure de 10 km/h à la vitesse limite des trains. L'engin retournera à Montluçon par le même itinéraire le lendemain.

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Photo prise en septembre 1952. On voit une paire de voitures Néris - Paris en attente de départ derrière une 141TA.

La gare fut vendue à la commune de Néris les Bains le 4 février 1975 pour la somme de 205 000 francs de l'époque. Dénommé "Pavillon du Lac", elle fut aménagée en salle polyvalente et inaugurée comme telle le 15 juillet 1975. Elle fut inscrite aux monuments historiques pour sa façade et sa toiture le 21 décembre 1975.

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La toiture fut rénovée en 2005 par l'entreprise Briere / Bellosta sous la houlette d'Anne Kergrohenn, architecte.

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Les travaux de construction de la ligne de chemin de fer furent rendu difficile par la forte dénivellation des terrains. Ils furent commencés en 1921 et terminés en 1926.

En juin 1924, après une tentative de grève, quelques maçons de la ligne Montluçon-Gouttières ont été congédiés à Néris.

Le viaduc de Sainte Agathe

Il mesure 165,50 m de longueur sur une largeur de 4 m. Il est constitué de 7 arches de 16 m d’ouverture.

La pierre vient de la carrière du bois de la Pierre de Treignat. Sa hauteur est de 40 m.

Le viaduc de Pérassier

Il mesure 216 m de longueur, comporte 9 arches de 18 m d’ouverture. Sa hauteur est de 51 m et également construit avec des pierres de Treignat.

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Magnifique photo prise en 1968 - 1969 d'une 141 TA 416 (desserte marchandises) sur le viaduc de Pérassier.

Le viaduc de Néris ou viaduc des Chaudes

D’une hauteur de 23 m, il mesure 113 mètres de long, possède 7 arches de 10 m d’ouverture.

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Voici le mur de soutènement à arcades comprenant 13 arches de 8 mètres d’ouverture :

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En 1922, les projets des deux seuls viaducs de Sainte Agathe et Pérassier étaient estimés à plus de 3,8 millions de francs.

Arc voûté de 8 mètres d'ouverture (à l'entrée Nord de Néris les Bains) laissant le passage à la route de Montluçon qui, pour l'occasion, avait été déviée de 170 mètres.

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J'ai acheté il y a peu le n°31 de la revue bimestriel "LE P.O. ILLUSTRE" de mai 1931. Couverture_LE_PO_ILLUSTRECe journal était destiné au personnel de la compagnie ferroviaire Paris Orléans, compagnie qui était chargée de la construction de la ligne de chemin de fer Montluçon - Gouttière en passant par Néris les Bains.

En voici donc l'intégralité

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Page 3, deux articles :

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Nouvelle_ligne_Montlu_on_par_N_ris_les_Bains

Voici donc l'article complet qui suit pages 8 et 9 :

Titre

Le Réseau d'Orléans compte une nouvelle ligne, celle de Montluçon à Gouttières qui a été ouverte à l'exploitation le 15 mai dernier.

La construction de cette ligne avec son tracé actuel fut envisagée en vue d'obtenir, d'une part, des relations plus directes entre Montluçon et Clermont Ferrand, et de desservir, d'autre part, le bassin houiller de Gouttières - Pontaumur, alors récemment découvert.

Les opérations sur le terrain et l'étude des projets furent commencées peu après le vote de la loi du 7 juillet 1913 qui déclarait la nouvelle ligne d'utilité publique et la concédait définitivement à la Compagnie d'Orléans. La mise au point des projets, considérablement ralentie du fait de la guerre, ne put être terminée que fin 1919.

Viaduc_de_P_rassier

Les travaux d'infrastructure, commencés au début de 1921 et achevés en 1926, furent rendus difficiles par les fortes dénivellations du sol dans cette région tourmentée des premiers contreforts du Massif Central. Il fallut se livrer à d'importants terrassements, déjouer maints obstacles naturels et multiplier les travaux d'art, dont l'élégance ne le cède en rien à la robustesse. Signalons, dans cet ordre d'idées, les jolis viaducs en maçonnerie de granit de Sainte Agathe, de Pérassier et de Néris, situés entre Montluçon et Néris, qui atteignent respectivement 40 mètres, 51 mètres et 23 mètres de hauteur ; le viaduc situé entre Pionsat et Gouttières et dont la hauteur est de 21 mètres ; le viaduc de la Cellette, et enfin le souterrain des Bouchauds, de 585 mètres de longueur, par lequel le rail atteint le bassin de la Sioule, arpès avoir abandonné celui du Cher.

La superstructure ne présente pas, en ce qui concerne la voie proprement dite, de particularités notables. Disons toutefois que le rail employé est du type Standard, pesant 36 kilos le mètres courant, sauf dans les courbes d'un rayon inférieur à 500 mètres où le rail D.C., pesant 42 kilos le mètre, a été utilisé.

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Il convient de signaler le caractère esthétique des bâtiments de la ligne. La gare de Néris les Bains, bâtie en grès de Vallon, aux teintes délicatement nuancées de jaune et de rouge, marque une nouvelle étape franchie par le Réseau d'Orléans dans sa recherche d'une architecture de caractère local, dont les gares de Capdenac et de La Baule avaient marqué les premières étapes.

La ligne de Montluçon à Gouttières, longue de 41 kilomètres, serpente dans une région très accidentée et offre au touriste le spectacle sauvage et grandiose de collines abruptes et de ravins encaissés au fond desquels murmurent les eaux vives d'impétueux torrents.

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Elle se détache de celle de Montluçon à Eygurande à un kilomètre de la gare de Montluçon (altitude 211,36) et se raccorde à Gouttières (altitude 655,83) avec la ligne de Lapeyrouse à Volvic, après avoir desservi la station thermale réputée de Néris les Bains et deux chefs-lieux de canton : Pionsat et Marcillat, où l'on peut admirer un superbe château du 15ème siècle avec donjon.

La charmante localité de Néris les Bains retient tout particulièrement l'attention. N'a-t-elle pas, d'ailleurs, ses quartiers de noblesse, elle, dont les origines remontent, selon un grand nombre d'auteurs anciens, à Néron qui l'aurait fondée ? D'où son nom, tiré de celui de cet éclectique empereur romain tristement célèbre. Quoi qu'il en soit, il est hors de conteste que Néris, sous la domination des Romains, était déjà une ville importante à laquelle aboutissaient plusieurs voies (nous dirions aujourd'hui des routes), entre autres celle de Bourges à Clermont.

L'énorme quantité de médailles, d'objets d'art et de fragments d'édifices somptueux de tous genres qu'on y a retrouvés atteste la magnificence de cette cité, explicable par sa situation géographique et l'efficacité curative de ses eaux thermales. Les Romains mirent à profit l'existence de ses sources chaudes et édifièrent des thermes et des arènes dont on peut encore admirer les vestiges.

Après avoir été détruite et rebâtie plusieurs fois, la cité gallo-romaine fut complètement ruinée par les Normands, et ses sources tombèrent dans un abandon total. Ce n'est guère que vers la fin du 15ème siècle que Néris connut un regain de faveur surtout marqué au 18ème siècle où l'on vit des personnages célèbres, tels Chateaubriand et Lamartine, demander à ses eaux le secret de Jouvence...

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L'établissement thermal, dont la première pierre fut posée le 15 juin 1826, ne fut achevé qu'en 1853. Depuis lors, Néris continue à être de plus en plus fréquentée et est en voie de reconquérir son ancienne prospérité par la qualité de ses eaux qui donnent d'excellents résultats dans le traitement des affections relevant du rhumatisme, de la sciatique, des névralgies.

Non loin de Gouttières, point terminus de la nouvelle ligne, se trouve une autre station thermale : Châteauneuf Les Bains qui n'occupe pas, en importance, la place que lui vaudraient sa situation au fond de la gorge profonde mais riante de la Sioule, et la vertu remarquable de ses eaux, souveraines contre l'anémie, les affections cardiaques et rhumatismales et certaines maladies de la peau.

La nouvelle ligne de Montluçon à Gouttières est appelée à rendre de grands services par les facilités qu'elle offrira aux excursionnistes, tentés par les âpres beautés de toute une contrée jusqu'ici quelque peu déshéritée, et aux malades qui viennent demander aux eaux bienfaisantes de Néris le soulagement de leurs maux.

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Le château de Montluçon

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Cette photo du viaduc de la Tarde est une erreur d'illustration de la part du journaliste de l'époque car n'a rien à voir avec la ligne de Montluçon - Gouttières.

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Le même lieu mais quelques décennies plus tard...

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La ligne n'est pas rentable et fut fermée au trafic des voyageurs le 15 mai 1939 sauf pour l'express Paris - Néris qui fut arrêté en 1957. Il ne subsistait que le traffic des marchandises qui stoppa définitivement le 3 novembre 1969.

La gare fut vendue à la commune de Néris les bains le 4 février 1975. Dénommée "Pavillon du Lac" elle fut aménagée en salle polyvalente inaugurée le 15 juillet 1975. Elle fut inscrite aux Monuments Historiques pour sa façade et sa toiture le 21.12.1975.

Les 6040 mètres de la voie ferrée de Néris les Bains à Montluçon furent aménagés en voie piétonne qui fut "mise en service" le 26 mai 1976. 

Rénové et tranformé en salle des congrés (inaugurée en 2010) le Pavillon du Lac du Néris les Bains a retrouvé toute sa splendeur. Le grand couloir situé à l'arrière a repris les dimensions de l'ancien quai. Ce bâtiment est splendide.                  

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08 août 2010

Rapport du 8 octobre 1928

RAPPORT DU 8 OCTOBRE 1928

CONCERNANT LES BOUCHES ET TOUT LE SERVICE D'INCENDIE EN GENERAL

DE LA VILLE DE NERIS LES BAINS

adressé au Maire de Néris les Bains

Monsieur le Maire,

J'ai l'honneur de vous informer que j'ai profité de la sortie mensuelle d'octobre pour faire la vérification des bouches d'incendie et bornes fontaines.

1°) Bouches d'incendie :

Celle située en haut de la rue du Commerce (Rue du Capitaine Migat) ne ferme pas, elle a besoin de  nettoyer et de graisser.

Celle située au milieu de la rue Reignier est très dure et ne ferme pas à fond, le couvercle a besoin d'ajuster.

Au Colombier, trottoir maison DERE, le carré a besoin de retouche légèrement pour que nos clés puissent l'ouvrir. Place Saint Georges : même réparation.

2°) Bornes - Fontaines munies de bouches d'incendie :

Sur 5, 1 seule marche à peu près, celle en face de la rue Barra.

Une aux Granges : impossible à faire fonctionner ;

Une rue Molière :     "        "               "

Une en haut de la route de Clermont : "         "   

Une route de Montluçon :     "      "                   "

Je crois que pour avoir un fonctionnement régulier de toutes les bouches d'incendie, et surtout des bouches placées sur les bornes-fontaines, il faudrait non seulement faire une visite au moins une fois par mois, ce que fait bien de temps en emps le fontainier de la ville pour les bouches d'incendie, mais je crois qu'il ne le fait jamais pour les bouches des bornes-fontaines. Cela serait d'autant plus nécessaire que ces dernières ne sont pas du même montage que les autres et comme elles ont tendance à la rouille, il serait indispensable de leur faire un graissage au moins deux fois par an.

En ce qui concernen la borne-fontaine de la rue Molière, si nous n'en avons pas fait usage au dernier incendie pour remplir la pompe, c'est que cette fontaine ne fournit pas assez d'eau pour alimenter le débit de la pompe.

Sans décliner aucune de mes responsabilités, il n'entre pas dans mon service de pompier celui de l'entretien des bouches d'incendie mais si vous tenez, Mr le Maire, à ce que je me charge de faire faire cet entretien, je ferais mon possible pour me procurer un ouvrier compétent si l'on veut bien lui allouer une petite indemnité.

Il est de mon devoir d'autre part de vous signaler que certains quartiers ne sont pas desservis :

1°) Dans la rue de Paris, qui maintenant, n'a plus d'emplacements non construits, la bouche la plus prês est celle placée sur le trottoir à l'ancienne maison Ménanteau et si le feu se déclarait à la Villa du Globe par exemple, ou même plus près, je n'aurais pas assez de tuyaux pour conduire l'eau à cet endroit ;

2°) Dans le quartier du Grand Hôtel, les bouches les plus près sont au moins à 150 mètres ou 200 mètres et quoique l'on en dise, j'ai bien signalé ce cas dans mon rapport du mois d'avril 1927 ;

3°) Le quartier des Rivalles ne possède aucune bouche mais il serait simple et peu couteux de faire mettre un raccord au tuyau qui amène l'eau au lavoir couvert et avec assez de tuyaux nous pourrions desservir pas mal d'habitations.

D'autres quartiers moins importants qui n'ont pas de bouches d'incendie mais possèdent des puits ou des fontaines pourraient, si l'on avait un engin d'aspiration plus puissant, être également secourus. Comme il est question aussi de resuivre toutes les conduites d'eau, on pourrait en profiter pour doter de bouches d'incendie les quartiers qui en sont dépourvus et mettre des bouches de 60 mm au lieu de 45 mm de faon à obtenir un plus gros débit.

Quant au matériel, il se compose depuis 1904 d'une pompe foulante, d'une pompe aspirante et foulante, d'un dévidoir et de 150 mètres de tuyaux.

Comme vous pouvez en juger Monsieur le Maire, notre matériel n'a pas augmenté ni suivi la marche pregressive des quartiers neufs qui se sont créés ni des nouvelles maisons qui se sont construites, et si je me suis permis de vous réclamer un peu de matériel moderne, c'est qu'il me semble nécessaire, car si nous avions un sinistre important dans un hôtel par exemple, ce n'est pas avec ce que nous possédons que nous pourrions y faire face.

Cependant, pour répondre à certaines critiques, j'ai bien le droit de dire que j'ai contribué pour une large part à acquérir les faibles moyens de défense contre l'incendie que possède la ville de Néris. Deux faits seulement :

1°) Lorsqu'en 1904, j'appris indirectement que notre regrettée bienfaitrice Mme ROLLIN voulait offrir 100 francs au coprs des sapeurs pompiers de Néris, je me suis empressé de saisir ses bonnes dispositions en notre faveur afin de tacher d'obtenir un don plus important qui puisse nous permettre l'acquisition d'un peu plus de matériel et après plusieurs démarches et le grand appui de notre si sympathique et bien regretté Médecin Major, nous avons été dotés d'une seconde pompe.

2°) En 1911, lorsque la commune a procédé à l'adduction d'eau, et que j'ai su qu'il n'était pas ou peu question de bouches d'incendie, j'ai encore été trouver notre dévoué Docteur PEYROT qui m'a dit qu'en raison des crédits disponibles, on ne pouvait guère envisager cette installation pour le moment mais que cela se ferait peu après.

Je n'ai pas honte de dire maintenant qu'à ce moment là, je me suis servi de mensonges vis à vis de notre défenseur des sapeurs pompiers pour obliger la pose des bouches d'incendie en même temps que l'installation des conduites d'eau. Il s'est d'abord un peu récrié contre mes exigences puis par la suite m'a donné raison.

Maintenant, je reconnais bien que j'ai quelques torts :

1°) Je devrais (quoique ce ne soit pas entièrement le rôle de l'officier de Pompiers) m'assurer par moi-même que les bouches d'incendie sont toujours bien en état de fonctionner ;

2°) Qu'aux incendies je n'obtiens pas de mes subordonnés la discipline qu'il conviendrait et que je désirerais cependant ;

3°) Que moi-même, que depuis 25 ans que j'assume ce service et surtout maintenant depuis que j'ai dépassé la soixantaine, je ne possède plus la même agilité ni la même vigueur qu'il y a 20 ans.

Depuis longtemps déjà j'ai essayé de chercher pour me suppléer un jeune homme agile et surtout dévoué que je vous aurais demandé de faire nommer sous-lieutenant et que j'aurais préparé pour qu'il puisse un jour me succéder. J'eus souhaité que plus heureux que je le suis depuis la guerre, il eut put redonner au corps des sapeurs pompiers de Néris toutes les qualités qu'après beaucoup de patience et d'efforts j'étais parvenu à lui faire acquérir depuis 1903 à 1914 où celui-ci était classé parmis les premiers du département de l'Allier. Malheureusement, je n'ai pas encore trouvé ce collaborateur ou du moins ceux que j'ai présentés ne veulent pas accepter.

Depuis la Grande Guerre qui a tout désorganisée, les hommes dévoués sont de plus en plus rares et les sapeurs que j'ai beaucoup de peine à recruter n'ont pas, pour la plupart, la même bonne volonté que leurs camarades d'avant guerre.

Quant à la discipline, il est difficile de la leur faire observer et malgré que j'ai triplé les amendes pour ceux qui n'assistent pas aux manoeuvres, je n'obtiens pas davantage de résultats. Si je voulais appliquer le règlement avec un peu de rigueur, je crois qu'avant peu le corps de pompiers qui existe à Néris depuis 64 ans (donc aurait été créé en 1864) aurait vite fait de subir le sort des autres sociétés nérisiennes.

C'est souvent qu'il me faut beaucoup de patience et de diplomatie pour maintenir un peu d'ordre et d'entente. Fréquemment, ils me font ressortir que leurs camarades de Montluçon sont mieux traités qu'eux, surtout depuis l'année dernière où en plus de leur traitement annuel de 200 francs et 1200 francs à l'officier, la ville de Montluçon a voté une retriate de 300 francs à tous ceux qui ont 25 ans de service. J'ai beau leur faire remarquer que Néris ne peut pas se comparer à Montluçon, il suffit qu'il y en ait quelques uns qui aient mauvais esprit pour que tous les autres suivent le mouvement de pretestation et malgré tous les avantages que je m'ingénie à leur procurer, j'ai de la peine à en faire des hommes satisfaits.

C'est pour tous ces motifs et aussi parce que nos moyens de défense ne répondent plus aux exigences actuelles que je vous demanderais d'envisager l'adjonction à ce que nous possédons un matériel moderne nécessitant moins de main d'oeuvre et pouvant rendre plus de services. Depuis longtemps je réclame également un magasin moins humide où nous puissions mettre nos effets d'habillement et où nos tuyaux se trouvent à l'abri de la moisissure.

Je vous avoue que je suis peiné quand je vois des localités comme Montmarault et Jaligny (cette dernière qui n'a que 950 habitants) pour ne citer que ces deux communes, qui sont munies d'engins modernes.

Et cependant, Monsieur le Maire, il faut bien envisager que dans un temps plus ou moins éloigné, si comme je le souhaite, notre station continue à progresser et à construire des immeubles à 4 ou 5 étages, mon devoir m'obligera bien à vous demander de faire l'acquisition d'une échelle aérienne pour qu'en cas d'incendie nous n'ayons pas à déplorer des pertes de vies humaines comme cela a failli se produire l'an dernier pour l'incendie de l'Hôtel des Célestins à Vichy. Après ce sinistre, la ville de Vichy n'a pas hésité à acheter pour 140 000 francs de matériel.

En m'excusant d'avoir retenu aussi longtemps votre attention, je vous prie de croire Monsieur le Maire à l'assurance de mon entier dévouement.

Néris les Bains le 9 octobre 1929

Le capitaine commandant du corps

Signé Villatte

P.S. : à l'issue de ce rapport, la municipalité a décidé l'achat d'une moto-pompe s'en rapportant à l'officier pour le choix de la marque donnant les meilleures garanties d'entretien, de rendement et de fonctionnement.

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03 août 2010

Incendie du 1 janvier 1929

Rapport d'incendie du 1 janvier 1929

Le 1 janvier, à une heure du matin, l'autobus de Mr BERGERAT qui faisait le service de Néris à Montluçon, à son retour de cette dernière localité, a pris feu au moment où son conducteur se disposait à le remiser au garage et se trouvait route de Clermont près de la maison de Mr F. DUBREUIL, maréchal.

Le feu a pris avec une rapidité telle qu'il a été impossible au chauffeur de faire usage de son extincteur fixé après la voiture ; les flammes qui sélevaient à une certaine hauteur faisaient craindre pour les maisons voisines de sort que l'on s'est employé à éteindre le feu le plus rapidement possible au moyen de lances avec tuyaux branchés sur la bouche d'incendie près du café de la poste. Après 20 minutes d'efforts, tout danger était écarté.

Les apeurs présents étaient : PERONNIN, CHICON Simon, BARBIN, PEYRIN, HERAN, SARRASSAT Henri, BONNAMOUR Georges, les sergents DUBREUIL F. et MARTIN Pierre.

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Journée "Belle Epoque" 14 juillet 2010

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