06 septembre 2009
LE CHATEAU DE NERIS
LE CHATEAU DE NERIS
LE CHATEAU DES ENFANTS
Texte de 1968
Dans la quartier sud de la petite ville, sur un des flancs du vallon, dominant les griffons des sources et les établissements thermaux, avait été construit, il y a bien des années, le "château de Néris", une vaste demeure aux pièces spacieuses. Dans cette demeure, construite par le Docteur Peyrot, qui fut maire de la commune, puis habitée par le docteur Piquand, un centre privé, spécialisé dans l'éducation de l'enfance nerveuse, des infirmes, des petits déficients, y a été installé (vers 1958).
De nombreuses améliorations fonctionnelles ont été apportées à l'établissement : des bâtiments nouveaux, adaptés au but que s'est proposé la direction, ont été aménagés. Château et pavillons d'enseignement, salles spécialisées, occupent le centre d'un vaste parc aux allées ombragées, émaillé de verdure. Et un terrain de sport a été implanté sur un petit plateau au flanc de la vallée.
L'établissement ouvert toute l'année reçoit actuellement 100 élèves. Il est mixte ; on y compte 27 filles et 73 garçons, âgés de 3 à 13 ans (limite d'âge d'admission 9 ans). Il s'agit, répétons le, d'enfants nerveux, de petits infirmes, de déficients légers. Ils reçoivent à la fois les soins médicaux que nécessite leur état et l'instruction et l'éducation par des méthodes adaptées à leur cas psychique.Il est agréé par la Sécurité Sociale, les Préfectures, les Caisses de Prévoyance.
On sait que pour dispenser les connaissances, la meilleure méthode est de réunir les élèves en groupe aussi petits que possible, mais composés d'enfants d'âge égal ou d'âge mental équivalent. C'est ce qui est fait à Néris où chaque équipe, d'une dizaine ou d'une douzaine de petits pensionnaires, a son propre moniteur oou monitrice, ses propres enseignants. Et ceci est valable depuis la jardinière d'enfants jusqu'au cours moyen, en passant bien entendu par les deux années de cours élémentaire.
Une salle d'activité
D'autre part, chacun des petits malades est attentivement suivi sur le plan médical. Il est visité régulièrement, notamment par deux spécialistes en pédiatrie et neurologie. Bien entendu, chacun des pensionnaires bénéficie du régime alimentaire qui lui est prescrit par le praticien, des soins éventuels nécessités par son état, et son traitement médical, s'il comporte une cure thermale, est complété par celle-ci.
Une salle de douches
L'atmosphèrequi règne au château de Néris est très familiale et l'on a tenté, et réussi, de réunir les petits pensionnaires dans les plus petites équipes possible. Il existe, certe, un réfectoire assez grand, éclairé par une large baie vitrée qui donne sur la verdure du parc, mais aussi une salle à manger où, par petites tables, déjeunent et dînent les plus jeunes enfants.
Un réfectoire
En ce qui concerne les dortoirs, ceux-ci réunissent les élèves que par petits groupes, toujours sous la surveillance de leurs moniteurs.
Le personnel, très spécialisé, est composé d'infirmières, de moniteurs-éducateurs, d'éducateurs et de psychologues placés sous l'autorité de la direction et travaillent en constante collaboration avec les médecins.
Un dortoir
Telle est actuellement l'organisation du château de Néris, l'un des seuls en France vraiment spécialisés et équipés pour recevoir les enfants nerveux. Aux excellents installations actuelles, il est prévu encore, pour les mois et les années à venir, de nouvelles améliorations. Aussi n'est-il point étonnant qu'à l'opposé de ce qui se passait jadis - mais peut être aussi grâce aux eaux thermales et au cadre champêtre si reposant du château - les cures soient bénéfiques aux enfants.
Et l'on ne compte plus ceux d'entre eux qui, après avoir terminé leurs études primaires et leur traitement médical, peuvent rentrer dans la vie collective, poursuivre leurs études dans un établissement public ou privé non spécialisé, pour devenir des adultes débarrassés de tout éréthisme nerveux, de toute séquelle de retard intellectuel.
C'est là le plus beau compliment que l'on puisse présenter aux infirmières, aux moniteurs, aux enseignants, aux médecins et à la direction du Châtreau des Enfants.
Le château en 1969
En 1985, l'établissement est géré par l'Association d'Aide à l'Insertion des Jeunes. Il comporte deux structures distinctes :
* le Château de Néris, rue des Rivalles ;
* la Villa des Petits Kaars, rue Massenet.
En section d'éducation spécialisée il peut recevoir 70 garçons et filles de 6 à 18 ans en internant ou en semi-intenant. En section thermale, ouverte du 14 juillet au 25 août, elle s'adresse à des enfants devant bénéficier d'une cure thermale mais ne pouvant pas être accompagnés par leur famille. Elle peut accueillir 18 garçons et filles de 6 à 13 ans en internat uniquement.
25 juillet 2009
Personnages célèbres à Néris
En parcourant plusieurs ouvrages, je découvre le nom de personnages illustres qui sont passés en cure à Néris.
En voici la liste que je complèterai au fur et à mesure de mes lectures !
Famille Poincaré (les parents du président de la République Française)

Le Maréchal Gouvion de St Cyr (ministre de la guerre nommé par Talleyrand, c'est lui qui mettra en place le système du tirage au sort lors de la conscription) : "Fatigué par de longs mois d'intense activités au ministère, à défendre son budget, de nouvelles lois, de nouvelles institutions, Gouvion St Cyr quitte Paris et part prendre les eaux à Néris les Bains à la mi-juin 1819"
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François René de Chateaubriand (1768 - 1848)
Talleyrand : "fin juin 1827, Talleyrand regagne Paris après avoir fait halte à Néris les Bains".

Emile Zola : "En août 1884, Emile Zola passe par Néris où son ami Alphonse Daudet se soigne d'une maladie vénérienne (la syphilis), avant de rentrer sur Paris" (A. Daudet était déjà venu à Néris plusieurs fois depuis 1878).

Alphonse Daudet

Alphonse Daudet trouva quelques distractions à Néris en écoutant un vieil homme qu'il vient d'y rencontrer, Mr Lenoir, directeur de l'école des Beaux Arts qui dévide pour lui ses souvenirs de la Malmaison qu'il a fréquenté. Le temps parâit moins long auprès de ce conteur charmant.
Alphonse Daudet écrira "La Doulou" qui sera édité après sa mort en 1929. Il y fait le pathétique journal de la maladie qui devait l'emporter. Il ne se déplace plus qu'avec une canne et l'horrible douleur le suit jour et nuit. Voici le passage de ce livre où il parle de Néris :

II
Aux pays de la douleur
Cette année, à Néris, les yeux moins aigus ou la table moins intéressante. Quelques types pourtant. Mme M***, femme de magistrat, organisation de parties, grosse mère faisant la fête avec les substituts. «Du Champagne et soyons gais! Vous n'êtes pas gai!» Les réceptions à Châteaudun... Deux filles, une grande, prétentions à l'élégance, tête de cheval, quantité de robes dans ses malles; la petite, douze ans, enfant singulière aux yeux noirs sans regard, mouvements clownesques, pâmoisons dont sa mère la tire en lui passant sur les yeux l'or de son «porte-bonheur». Adresse de singe et de somnambule. Ce que la femme nous raconte de son mari, bizarreries, toquades, hypocondrie, toutes les maladies. Opération aux yeux sans nécessité; quand il va aux eaux avec sa femme et ses enfants, descend dans un autre hôtel qu'elles. Voyage de noces: la chambre divisée en deux: «Chez vous... Chez moi... Vos chaises, les miennes.» Et c'est un juge, ce détraqué! Souvenir du déjeuner pique-nique – la femme par terre, de tout son long, la tête plus basse que les pieds, et sa fausse natte détachée, en rond, lovée comme une couleuvre!
Les «Dames seules». Mme T***. «Intelligente comme un homme» (?), «élève de D***», tête d'israélite, longs yeux en rainure luisante, bagout de Paris, histoire avec le violoncelliste du Casino surpris à cinq heures du matin remettant sa cravate dans le petit salon. Mme L***, petite femme au sourire maniéré, aux coins de bouche relevés, fanée, mystérieuse, timide, sans usages, arrivant à table avec des branchages, des buissons de fleurs à la ceinture, puis, honteuse, gênée, arrachant sournoisement sa guirlande d'arc triomphal.
Autre type de «dame seule». La bonne Mme S*** avec son amie Mlle de X***. Deux mines de soeurs tourières, s'enfuyant de table au dernier morceau pour courir à l'église. Mlle de X*** avec son parler effusionné, grasse, poupine, trente-cinq à quarante ans, le teint frais, les yeux clairs, bonne, naïve, «potin de couvent», fière de deux soeurs richement mariées, de sa famille, petite noblesse bretonne sans le sou et prolifique comme un port de mer. Adoptée par Mme S***. Veuvage, bonté, religion, des yeux tendres, un peu fêlée. Le mari tué à la chasse par son père à elle; fondue en charité; pas d'enfants.
Mme C***, jeune encore veuve d'un officier de marine, laide, les yeux trop noirs, le nez taché de plaques rouges; petite glace à main où elle regarde tout le temps ce nez. Voit partout des scorpions, des araignées, du sang sur les mains; toujours seule, marche à menus pas dans les allées du verger, s'immobilise des heures sur un banc, la joue sur sa main, absorbée. Donne à l'hôtel l'aspect d'une maison de fous.
Et puis la générale P***. La «mère de la maréchaussée». Vient depuis dix ans à l'hôtel, autorité dont elle est très jalouse. Désir de plaire, de conquérir. Tous les pensionnaires qui arrivent ou partent lui présentent leurs hommages! Vieille coquette, fabriquée, «bonne Madame», et donne encore de fiers coups de dents avec son râtelier.
* * *
Elle est bien comique cette station pour anémiés. On ne se rappelle pas un nom; tout le temps à chercher; grands trous dans la conversation. A dix pour trouver le mot «industriel».
* * *
Mais jamais comme cette fois mes tristes nerfs n'avaient souffert du contact de la promiscuité de l'hôtel. Voir manger mes voisins m'était odieux; les bouches sans dents, les gencives malades, la pioche des cure-dents dans les molaires creuses, et ceux qui ne mangent que d'un côté, et ceux qui roulent leurs bouchées, et ceux qui ruminent, et les rongeurs, et les carnassiers! Bestialité humaine! Toutes ces mâchoires en fonction, ces yeux gloutons, hagards, ne quittant pas leurs assiettes, ces regards furieux au plat qui s'attarde, tout cela je le voyais, j'en avais là nausée, le dégoût de manger.
Et les digestions pénibles, les deux W.-C. au fond du couloir, mitoyens, éclairés par le même bec de gaz, si bien qu'on entendait tous les «han...» de la constipation, l'esclaffement de l'abondance, et le froissement des papiers. Horreur... horreur de vivre!
Et tout ce qui circule aux étages sur les infirmités des pensionnaires, leurs manies, leurs pauvres ridicules de malades...
* * *
Silhouette du professeur de mathématiques de Clermont, à Néris; Le premier que j'aie vu atteint de mon mal, mais plus loin que moi sur le chemin. Je pense à lui, je le vois avançant ses pieds, l'un après l'autre, bien à plat, chancelant: sur la glace. Pitié. Les bonnes de l'hôtel racontaient qu'il p... au lit.
* * *
Station de névropathes. Silhouettes de béquillards, sur les routes de campagne entre les haies de bois très hautes; on se raconte ses maux, toujours bizarres, imprévus; pauvres femmes toutes simples, des campagnardes affinées par le mal. – Bains de boue dans une forêt du Nord. Installation bizarre. Une rotonde vitrée sur le marais de boue noire où l'on vous enfonce péniblement. Sensation délicieuse de cette glu chaude et molle par tout le corps; les uns en ont jusqu'au cou, d'autres jusqu'aux bras; on est là une soixantaine, pêle-mêle, riant, causant, lisant grâce à des flotteurs en planche. Pas de bêtes dans la boue, mais des milliers de petites jaillissures chaudes qui vous chatouillent doucement.
* * *
Le ménage de province rencontré à Néris. Le mari vieux, tordu, moustaches grises tombantes, quelques mèches longues et plates, et sur cette tête triste, sourire amer et regard bon, la toque en velours du Sanzio: P***, peintre de fleurs, élève de Saint-Jean. La femme, longue, plate, fausse distinction, chapeau Rembrandt, tient une maison de santé pour dames. Gâtée, dorlotée, on sent que c'est elle qui fait bouillir la marmite. Lui, pour la gloire. Avec eux une grosse demoiselle sourde, à favoris, une des pensionnaires de Madame, les accompagne un peu comme une demoiselle de compagnie, prépare le café à l'esprit-de-vin dans leur chambre par économie, et appelle de la fenêtre d'une voix flûtée: «Monsieur P***!» avec une pointe de mystère coquet comme pour annoncer que le lavement est prêt.
Thyde MONNIER (Ecrivain provençal (1887-1967)
"Un médecin lui conseille d'aller soigner ses nerfs malades à Néris les Bains, une ancienne ville romaine jadis très prisée des riches Gaulois. Elle y séjourne à l'hôtel des Rivalles où elle compose des poèmes pour la "Revue de Paris". A Néris, bien qu'elle ne partage absolument pas ses opinions, Thyde se lie d'amitié avec le Marquis de l'Epinay, un monsieur très vieille France, réactionnaire, anti-juif, anti-russe. Cette amitié fait des jalouses parmi les jeunes femmes curistes qui aimeraient bien profiter à sa place des promenades en voitures que lui fait faire le marquis, galant homme. Elle quittera la cité thermale le 19 juillet 1939. (...) Du 23 juillet 1941 au 15 septembre 1941, elle retourne à Néris où elle achève son livre "Fleuve" le 7 septembre.

George SAND
De son vrai nom Aurore Dupin, Baronne Dudevant (1804-1876).
Elle est venue à Néris les Bains en 1861.

Mme La Dauphine Marie Thérèse, Duchesse d'Agoulême (1778-1851)
Fille de Louis XVI et Marie Antoinette, belle fille de Charles X
Elle est venue à Néris le 15 juin 1826 pour la pose de la première pierre de l'Etablissement Thermal.
Impératrice EUGENIE (1826 - 1920)
Arnould GALOPIN (1863 - 1934)

L'oeuvre d'Arnould Galopin est parue essentiellement en fascicules, "Le bacille" faisant exception, paru en 1928 chez Albin Michel. En effet, avec ce roman, l'écrivain délaisse sa plume aventureuse pour se pencher sur le destin tragique d'un homme poursuivi par la vindicte populaire et la haine aveugle des foules.
En 1906 paraît "Le docteur Oméga, aventures fantastiques de trois Français dans la planète Mars" (un des tout premiers romans d'aventures martiennes), repris en fascicules en 1908-1909 sous le titre "Les chercheurs d'inconnu, aventures fantastiques d'un jeune Parisien". "Le tour du monde en aéroplane" écrit avec le comte Henry de La Vaulx contera cent soixante fascicules entre 1912 et 1914, et "Le tour du monde en sous-marin" quatre-vingt dix neuf entre 1925 et 1926. Il en aurait écrit plus de deux mille en tout. Ces écrits pour la jeunesse eurent un immense succès, faisant suite à Jules Verne et s'inscrivant dans la lignée de Paul d'Ivoi et Jean de la Hire. Les héros de Galopin sont généralement de jeunes adolescents vivant mille et une aventures plus ou moins exotiques à un rythme effréné. Ils ont pour modèle le boy scoutt ou l'explorateur courageux.
Malheureusement, la postérité est ingrate avec ses enchanteurs d'hier et l'on ne trouve plus les oeuvres de Galopin que chez les bouquinistes (Le Docteur Omega a cependant été traduit il y a peu aux Etats Unis). Le nom de l'infatigable écrivain ne s'affiche donc pas dans les rues, si ce n'est à Néris-les-Bains, Allier, où il allait chaque années prendre les eaux.
Alphonse de LAMARTINE (1790 - 1869)
Alfred de MUSSET (1810 - 1857)
Jules Massenet (1842 - 1912)
Il est le fils d'Alexis Massenet (1788-1863), industriel fabriquant des lames de faux à Pont-Salomon, près de Saint-Étienne, et d'Adélaïde Royer de Marancour (1809-1875). Benjamin d'une famille de douze enfants, Jules Massenet monte à Paris dès 1848 et entre au Conservatoire de Paris où il étudie le piano (classe d'Adolphe Laurent), le solfège et le contrepoint (classes d'Augustin Savard et François Bazin) et la composition (classe d'Henri Reber). Il obtient un premier prix de piano en 1859 et un premier prix de contrepoint en 1863. Admis à la Villa Médicis grâce aux conseils d'Ambroise Thomas, il remporte le Grand Prix de Rome en 1863 grâce à sa cantate David Rizzio. Il rencontre à cette occasion Franz Liszt qui lui demande de le seconder dans ses tâches d'enseignement et dont il épouse une des élèves, Louise-Constance de Gressy, en 1866.
Il regagne Paris et y connaît ses premiers succès avec la suite symphonique Pompéia et les opéras La Grand' Tante, Don César de Bazan, Marie-Magdeleine et Le Roi de Lahore. En 1878, il est nommé professeur au Conservatoire et compte Gustave Charpentier, Ernest Chausson, Georges Enesco, Henry Février, Charles Koechlin, Albéric Magnard, Gabriel Pierné et Florent Schmitt parmi ses élèves.
En 1884 est créé un de ses opéras les plus populaires, Manon, d'après le roman Manon Lescaut de l'Abbé Prévost. Parmi ses autres œuvres célèbres, Don Quichotte, Hérodiade, Le Cid, Le Jongleur de Notre-Dame et plus encore, Werther, d'après Les Souffrances du jeune Werther de Goethe. Thaïs ne connut le succès qu'une décennie après sa création en raison de son sujet sulfureux, malgré sa superbe Méditation religieuse pour violon solo au deuxième acte, connue sous le nom de Méditation de Thaïs.
Doté d'une force de travail impressionnante, il était capable de composer de nombreuses heures d'affilée : ses journées commençaient à quatre heures du matin, alternant compositions, enseignements et auditions. Il a laissé une œuvre essentiellement lyrique (vingt-cinq opéras) mais aussi pianistique et symphonique.Très influencé par les sujets religieux, il a souvent été considéré comme l'héritier de Charles Gounod.
L'influence de Massenet se ressentira chez de nombreux compositeurs tels Ruggero Leoncavallo, Pietro Mascagni, Giacomo Puccini ou Claude Debussy dans son Pelléas et Mélisande.
Le Conservatoire à rayonnement régional de Saint-Etienne porte aujourd'hui son nom.
Il est l'arrière-arrière grand oncle d'Ariane Massenet, journaliste et animatrice de télévision et de radio française.
source : Wikipédia
Une rue porte son nom à Néris les Bains.
Charles de Sivry
Charles de Sivry (beau frère de Paul Verllaine) avait obtenu une place de chef d’orchestre au Casino de Néris-les-Bains mais il a été arrêté à Néris même en 1871 pendant les évènements de la Commune et transféré à Satory.
Ferdinand HODLER (1853 - 1918)
Peintre Suisse qui a peint plusieurs tableaux à Néris lors de sa cure en 1915.
PANTAGRUEL
Personnage de Rabelais.
"Pantagruel ayant eu "une chaude pisse", son urine étant si chaude que depuis ce temps là elle n'est pas encore refroidie. C'est ce qu'on appelle les bains chauds comme Néris..."

ASTERIX ET OBELIX !
Extrait de "Le bouclier Arverne"
20 juin 2009
L'ancienne ville de Néris
Voici l'intégralité des notes du docteur Boisrot desserviers sur l'histoire de Néris. Ce texte qui représente 81 pages de son livre sera mis à jour au fur et à mesure de mes disponibilités pour le mettre sur mon blog.
mise à jour du 1 juillet 2009
Egalement, je reproduit le texte à l'identique. ceci pour vous expliquer que quelques mots comportent des fautes d'orthographes.
RECHERCHES HISTORIQUES
SUR L'ANCIENNE VILLE DE NERIS
Par M. P. Boirot-Desseviers
Inspecteur de l'Etablissement thermal de Néris, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, membre-correspondant des Sociétés Médicale et de Médecine Pratique de la même ville, du Cercle Médical, de la Société Médicale d'Emulation, de la Société Royale Académique des Sciences, et de Médecine Pratique de Paris ; des Sociétés de Médecine de Lyon, Bordeaux, Toulouse, Tours, Nancy, Draguignan, Nismes, Marseille, Agen, et de plusieurs autres Sociétés de Médecine nationales et étrangères.
1822
Néris, appelé en latin Nérius, Nérisius, Nerio magum, Nera, Vicus niriensis, fut, à ce qu'il paraît, sous les Romains, une ville très importante : des voies romaines y aboutissaient de toutes parts, et allaient se réunir à une seule au village des Chorles ; elles semblaient en constituer un point central. Les colonnes milliaires de Bruères, Drevant, Argenton, Chantelle, etc., indiquaient les distances de ces diverses villes à Néris.
Des débris en tous genres, tels que des ouvrages variés de tuilerie, de briqueterie, des chapiteaux chargés de feuilles d'acanthe, ou décorés de figures d'animaux, des marbres (1) de toute espèce, transportés à grands frais de la Grèce et de l'Italie, et employés avec une immense profusion, des vases de terra campana ou étrusques, des restes d'immenses aqueducs, d'amphithéâtre, de palais, de temples, de thermes, des médailles de toutes espèces, des statues de marbre et de bronze, des amas de débris volcaniques et d'une espèce de pierre meulière fort curieuse destinée à la construction des voûtes, des pavés en mosaïque, sont des preuves irrécusables de l'existence et de la magnificence de cette cité.
Néris ne peut manquer d'avoir été un séjour d'agrément et d'utilité, tant pour les pays environnans, que pour les conquérans qui vinrent tour à tour lui imposer des lois ; mais il est bien étonnant qu'étant un des points les plus importants chez les peuples Cambiovicenses, soit à cause de l'abondance et de la nature particulière de ses eaux thermales, soit à cause de sa position géographique, il ne puisse néanmoins faire constater de son antique célébrité, des époques brillantes et curieuses de sa fondation, de ses hautes prérogatives, par aucun titre positif ; tandis qu'une foule de villes moins intéressantes et moins favorisées par la nature des lieux, retrouvent dans les annales du temps, des témoignages précieux de leur première création, de leur ancienne opulence, des subversions successives qu'elles ont éprouvées et des lois qui les ont régies. Cependant, le silence des historiens les plus accrédités ne saurait porter atteinte à l'existence et au luxe de ses anciens monumens. Il est bien difficile, en effet, de ne pas voir sortir de ces vastes monceaux de décombres mutilés, dont est formé tout le sol habité et non habité de Néris, une preuve d'ancienne magnificence ; et ses eaux bienfaisantes n'ont-elles pas le droit de compter avec le souvenir et la reconnaissance des peuples, dont elles ont soulagé la misère, vu changer les destinées, les cultes et les moeurs ?
Jusque là on serait tenté de dire, qu'il était réservé à cet intéressant pays de nous retracer, sur ses tas imposans de débris amoncelés, les fastes, les formes et l'immense variété du goût des siècles qui devancèrent le nôtre. Interrogeons donc au milieu du silence de tant de générations, dont il n'y a plus au seul interprète sur la terre, ces témoins muets ; ils sont encore debout, et valent bien les témoignages et les détails plus ou moins obscurs, fournis souvent sur des traditions mensongères et supersticieuses, ou par des écrivains éloignés, et même par des contemporains exagérés et peu instruits.
Néris partage donc ce degré de gloire avec le plus fameuses villes du monde, dont on ne retrouve l'histoire que dans leurs propres ruines. Athènes, Jérusalem, Aléxandrie et autres, ne manifestent avec éclat leur première puissance et leur étendue que dans les merveilles et les monumens ensevelis sous leurs décombres, ou lorsque des découvertes dues au hasard, ou des fouilles commandées par des circonstances locales les tirent de l'oubli, pour les offrir tout nouvellement aux yeux des hommes étonnés, et pour leur apprendre leur histoire véritable, touchant la puissance merveilleuse de ce point célèbre des empires détruits.
Il serait curieux de savoir si Néris fut une bourgade ou une ville avant l'apparition des Romains dans les Gaules : Piganiol de la Force dit, en parlant de Néris : "Ville d'une ancienneté gauloise, que quelques-uns regardent comme le Gergovia-Boiorum".
Le vicani Nerio magienses de l'inscription que nous citerons plus bas, n'établit pas que ce fut un village, comme paraît le croire M. de Caylus ; mais bien que Néris était un des chefs-lieux d'arrondissement, que les Romains désignent par le mot vicus, quand ils parlent du territoire des peuples de la Gaule et de la Germanie.
On est fondé à croire que Néron se plut à lui donner son nom : ce tyran farouche, au rapport de Suétone, avait beaucoup de goût pour les embellissemens, et prenait plaisir à fonder des monumens chez les peuples soumis à sa puissance. S'il faut en juger d'après les restes de ceux qu'on retrouve à Néris, il n'y a pas de doute qu'il lui doit son origine. André Duchesne assure qu'il fut bâti par cet empereur ou sous son règne. En 1728, on voyait encore au centre de Néris, à la place des noyers qui sont près l'église, les débris d'une tour qui avait vingt-quatre mètres d'élévation, entourée d'un large fossé, pavée en mosaïque, portant son nom.
On a trouvé dans les temps sur une des couvertures du grand aqueduc, ne, finale d'un mot, ensuite Nerio ; ce qui a porté à croire que l'inscription était à Nérone Nerio.
Les lieux les plus recommandables de la ville de Néris étaient les arênes, les palais qui en formaient les deux ailes, celui du gouvernement qui devint ensuite celui de Pépin, les casernes ou hôpitaux, plusieurs temples, enfin les édifices qui entouraient les thermes.
Tous ces vastes monuments construits et décorés à grands frais, détruits par la hache et le feu des Barbares, ne sont plus en grande partie, aujourd'hui, que des squelettes méconnaissables par la dispersion de leurs débris. Pour en retrouver les fondemens et les divers objets qui ont échappé à la fureur des Vandales, il faudrait faire des fouilles très profondes, car l'ancien sol de Néris est à trois et quelques fois cinq mètres au dessous de celui d'aujourd'hui.
Les arênes, l'amphithéâtre, ou vulgairement parlant, le champ des os (2) avait la forme d'un arc, dont la circonférence était de cent soixante huit mètres en dehors. Le devant représentait la corde de l'arc, et avait soixante huit mètres de longueur. Au milieu était une porte, le demi-cercle en offrait quatre autres ; au sud, au sud-est, au nord, au nord-est : c'étaient les vomitoria. les portes correspondantes avaient la même largeur.
L'épaisseur de l'amphithéâtre y compris les gradins, scallaria, était de quatorze mètres. L'arêne présentait un espace vide de cinquante-quatre mètres dans sa plus grande largeur, et un de soixante-huit dans sa plus grande longueur. Dans le demi-cercle il y avait dix tours carrées à égales distances les unes des autres ; chacune d'elles avait un mètre soixante-huit centimètres en oeuvre sur deux faces, et un mètre vingt-deux centimètres sur les deux autres. Elles paraissaient communiquer avec l'arêne. On croit qu'elles servaient à contenir le sable dont on couvrait le lieu du combat ; j'en ai fait fouiller plusieurs qui en étaient remplies. Leur élévation devait offrir une grande difficulté, si toutefois elles étaient destinées à cet usage. Peut-être aussi servaient-elles à contenir les personnes qu'on livraient aux bêtes. Quant à celles-ci elles avaient des loges particulières dans la double enceinte, c'est à dire, entre le mur de l'amphithéâtre où étaient les tours, et celui de la circonférence. Le premier avait des jambes de force à environ deux mètres l'un de l'autre.
Les murs de ces toursétaient construits en moëllons piqués et carrés, d'environ seize centimètres sur chaque face, partie en une espèce de brique oude carreau, le tout par assises, et à distance d'environ soixante-cinq centimètres.
Le père Paollo, dans sa Lettre sur l'architecture des anciens, imprimée à la suite de l'histoire de l'art de Winkelman, fait mention de briques de même nature, dont les Romains se servaient comme de liaison de distance en distance, et qui faisaient un très bel effet.
On a trouvé dans les fouilles que la cupidité ou des circonstances locales ont dirigées dans l'amphithéâtre, entr'autres choses, un grand nombre de morceaux de colonnes unies, des bases et des chapitaux ; ce qui suppose une galerie ; une grande quantité de morceaux de marbre. J'ai rencontré dans celles que j'ai faites dans l'arêne, à seize pieds du sol d'aujourd'hui, de grands escaliers circulaires, et sur un sable noir très fin, des ossements humains et de divers animaux carnivores, des débris de verrerie et de poterie, des agraffes et des épingles à cheveux. Malheureusement la mauvaise saison, le défaut de fonds, et le besoin de former de suite une promenade m'empêchèrent de pousser plus loin des recherches qui auraient été fort intéressantes.
De chaque partie latérale de l'amphithéâtre partait une forte muraille, épaisse d'environ deux mètres, dont on voit encore quelques fondemens, mais dont on ne connaît pas le terme, quoiqu'on l'ait suivie à plus de deux cents mètres. On a cru que c'était le rempart. on trouva tout près dans les temps une épée dont la lame à deux tranchants avait deux décimètres de longueur. Sa poignée était à la romaine. On y rencontra aussi une masse de plomb de quatre-vingt trois kilogrammes, et une lampe à trois pieds, en fer battu.
Il existait à gauche, à deux cent mètres environ de l'amphithéâtre, un édifice qui mérite une attention particulière ; il était composé d'une multitude de chambres parallèles, dont les extrémités répondent au midi et au nord, séparées par une rue de quatre à cinq mètres de large. les unes ont depuis deux jusqu'à cinq mètres en oeuvre sur une face, cinq, six et sept sur autre. Les murs de refends ont soixante-dix centimètres d'épaisseur, les gros murs deux mètres. Quelques-uns de ces appartemens sont décorés de terris et de peintures à fresques : déblayés de la terre végétale qui les dérobe à la vue, ils ont encore jusqu'à trois mètres d'élévation au dessus de l'ancien sol où sont les terris. Malgré cela on ne leur a découvert aucune entrée, de telle sorte qu'un particulier qui en a pris deux pour se loger a été forcé d'ouvrir les murs pour se procurer des portes et des fenêtres. On conçoit qu'ils pouvaient être éclairés par le haut ; mais comment et par où y parvenait-on ? On les considérait comme autant de cachots, si on ne voyait dans plusieurs des embellissemens qui en dissuadent. Ils sont enfin tels, et paraissent aussi anciens que celui qui fut découvert sur le mont Aventin, qui n'avait ni portes ni fenêtres, et dans lequel on descendait par une ouverture pratiquée supérieurement, au rapport de Flaminius. On croit que ces appartemens formaient les casernes ou l'hôpital.
On dénombra tout près un four à pain ; il était comme les nôtres, rond et surmonté d'une voûte ; ainsi qu'un grand nombre de puits affectant tous la forme circulaire, et revêtus en grosses pierres. On découvrit dans un, des tuiles à rebords, des briques, des carreaux de différentes époques, des cornes de boucs et de cerfs, un patère en fer battu, les restes d'un couteau propre aux sacrifices, différens morceaux de verre, de vases de terra campana et étrusques, de gros cloux, clavi muscarii de Vitruve, des clefs antiques, des garnitures de meubles en bronze doré, des lampes domestiques et sépulchrales, des amphores immenses, et quelques pierres gravées que j'ai vues dans le cabinet du docteur Barallion.
A la droite de l'amphithéâtre, en deçà de la muraille dont on a parlé, et sur l'emplacement du palais qu'on a cru devoir y exister, on découvrit trois fours d'étuves, ou des poëles accollés les uns aux autres, construits à la manière de Vitruve : l'argile gâchée en liait les pierres de briqueterie ; il en partait des conduits en terre cuite qui portaient la chaleur dans les appartemens. L'un de ces conduits, de forme carrée, avait plus de deux mètres de longueur. Ces fours étaient encore remplis de charbons et de cendres ; le mortier avait acquis la consistance de la brique et était fort rouge. Winkellman en a vu de pareils dans la villa de Tusculum, et dans une maison de campagne à Herculanum.
Les statues de bronze et en marbre trouvées en différents lieux, les inscriptions tracées ci-dessous annoncent l'existence de plusieurs temples. La Diane en bronze, de près d'un mètre de hauteur, décombrée il y a soixante-dix ans, au centre de l'ancien Néris à travers des débris de colonnes et de tables de marbre, avait sans doute le sien. Il faut en dire autant de la Flore ou l'Abondance, pesant cent kilogrammes, trouvée dans la dépendance du palais du gouverneur par M. Lafont qui la donna au curé Renaud, lequel en fit présent à M. de Durat, (grand amateur d'antiquités de ce pays, et qui avait un beau cabinet. Depuis sa mort, on ne sait pas quel en a été l'héritier). Les petites statues de bronze dont parle M. de Caylus faisaient sans doute partie des divinités qu'on y adorait, et dont on révérait l'image.
L'un de ces temples était consacré aux chefs du gouvernement et à leurs épouses ; c'st ce que nous apprend une inscription trouvée en 1776 sur une pierre, dans l'ordre suivant :
Numinibus
Augustorum
Junonibus
Vicani
Nerio magienses
(J'ai fait placé cette pierre sur la porte de l'hôpital qui va au jardin).
La même inscription se lisait sur une autre pierre, mais en abrégé, et de la manière suivante :
Nbs. Agm. Jbs. Vni. Ngs.
Le curé Renaud assure que les restes du temple auquel elle appartenait furent découverts en 1784, en nettoyant les fossés de la grande route qui va à Montaigut ; il dit avoir vu les assises des colonnes dans le champ du Péchin, l'un des plus anciens faubourgs de Néris. Je me suis convaincu que des fouilles faites dans les divers terrains qui portent ce nom produiraient des résultats satisfaisans.
Sur les couvertures du grand aqueduc qui traverse la grande route, le Prélong, la Maison Lafont, et va se perdre au bas des thermes, se trouvaient des inscriptions étrangères à leur emploi. Les pierres sur lesquelles elles étaient gravées étaient tellement confondues, que plusieurs représentaient la fin ou le commencement d'un mot sans suite ; toutes cependant paraissaient indiquer la dédicace d'un temple, et le nom de la divinité qui y présidait. ce qui prouverait, ainsi que j'aurai occasion de l'observer plus bas, que ces monuments avaient été détruits à la première irruption des Barbares, et que l'aqueduc avait été réédifié ou restauré aux dépens de leurs débris.
Le docteur Baraillon copia sur place, dans les temps les inscriptions suivantes :
Neunerio, ou dieu tutélaire de Néris.
Ovh, Ovhanna, à la déesse Ovhanna qui était très vénérée au centre des Gaules, surtout à Evahon, Evaux, lieu de son origine, à deux myriamètres de Néris.
Visso, Vissago, ou dieu Vissagus. Ce Vissagus rappelle le dieu Wasso des auvergnats, le Borvo de Bourbon Lancy dont parlent MM. de Caylus et Danville, le Mammona ou Mona de Bourbonne-les-Bains, et de tant d'autres, que l'on peut voir dans la dissertation de l'abbé Mongault.
Pline dit à ce sujet : Augent numerum deorum auquae nominibus variis.
Tertullien, Minutius-Felix rapportent que chaque peuple avait son dieu tutélaire et son dieu municipal. Neunerius était donc probablement celui de Néris.
Au sortir de l'amphithéatre et de la ville, on descendait par une rampe dont on rencontre encore les vestiges dans le vallon, soit pour aller au palais du gouverneur, au temple de Pallas, à celui de César et au camp. ce vallon était entrecoupé d'écluses, comme on peut le vérifier. On remarquait encore en 1806 dans quelques-unes la place de la bonde que le ciment avait parfaitement conservé. Les grands aqueducs qui bordent les thermales allaient se jeter dans ces écluses qui étaient destinées, probablement, à entretenir des moulins, ou à servir de naumachies, puisqu'elles étaient fournies en partie par les thermales, et en partie par les eaux froides.
Le camp est assez bien conservé : il est au couchant de Néris, et de forme à peu-près triangulaire ; sa circonférence en dedans est de cinq cent quarante six mètres ; les parties de l'est et de l'ouest, ainsi que la totalité du nord, étaient défendues par un ravin très profond ; le surplus, d'environ deux cent cinquante mètres de long, léatait par une levée de terre palissadée et flanquée de tours. cette levée a encore en dehors, à partir du fossé, vingt-huit mètres d'élévation, et près de vingt en dedans du camp. le côté du midi a la forme demi-circulaire. On remarque sur cette partie deux éminences, à quarante-six mètres de distance, qui indiquent à notre avis le placement des tours. Entr'elles il y avait une porte bien marquée par la brèche de la levée ; elle répondait au palais du gouvernement, et portait probablement le nom de prétorienne. Une autre au levant, marquée par une ouverture de dix mètres, correspondait avec la forteresse, et regardait l'amphithéatre. Elle s'appelait la questorienne. La troisième enfin, qui était à l'ouest, portait simplement le nom de décumane.
Au rapport du curé Renaud, on a trouvé des restes de la palissade par les traces de bois pourri que l'on a suivies très profondément à partir du haut de la levée. Il assure aussi qu'on décombre sur les lieux deux grandes urnes ou amphores, différens vases entiers de terra campana ou étrusques, chargés de divinités et de figures d'animaux, un grand boucllier qui passa dans la maison de Durat, et que M. Dufour, peintre, à Moulins, a dessiné et modelé en plâtre. A soixante dix huit mètres de la porte orientale du camp subsistait une forteresse (3) qui présentait un carré de quarante quatre mètres sur deux faces opposées, et de trente six sur les deux autres. Elle était située dans le champ de la Palle, ou de Pallas. Il paraît que les lieux communs des sépultures des Romains étaient hors de la ville. On croit que le champ de Pallas était destiné à cet usage, d'après le grand nombre de tombeaux qu'on y a trouvés. Les squelettes qu'ils renfermaient étaient assez bien conservés : les uns avaient la tête au sud-ouest, les autres avaient les pieds à l'équinoxial. C'est au milieu de ces tombeaux et d'une grande quantité d'ossemens, qu'on a décombré la Flore ou l'Abondance dont nous avons parlé plus haut (4).
Le palais du gouvernement était au midi du camp, dans une terre que l'on nomme le champ des Petits Kars, sans doute par corruption de Mars, à raison d'un temple consacré probablement à ce dieu. ce palais, autrefois habité par Pépin, ainsi qu'on peut s'en convaincre dans le recueil des historiens des Gaules (Tome 6è, page 673) à l'index de geograficus, où il est dit : Nerisius, villa regia in Aquitania, se manifeste par ses ruines, ses débris de marbres, de colonnes à grandes et petites cannelures, et à cannelures moitié grandes et moitié petites, toutes de diverses grosseurs, et annonçant la beauté de l'édifice.
Pline, en parlant des eaux minérales, a dit vrai lorsqu'il assure qu'elles bâtissaient des villes : Urbes quoe condunt.
Ainsi les eaux thermales de Néris, et son point de centralisation sont-ils, à mon avis, les motifs puissans qui déterminèrent les Celtes ou les Romains à y construire une ville. La manière ingénieuse avec laquelle ils avaient mis à contribution les eaux de Villebret, Durdat, Marcoing, Ronnet, Arces prouve facilement qu'elle était très considérable. D'après les courses et observations que j'ai faites sur les lieux, je me suis convaicu que les Romains s'étaient emparé des belles eaux de la commune d'Arces, qu'ils les avaient jetées dans un aqueduc formé en bétone, qui a de capacité trois décimètres vingt trois millimètres sur deux faces, et vingt sept millimètres de plus sur les deux autres, recouvert en dalles sur les parties voisines du sol, et d'une voûte à pierres sèches dans les parties les plus profondes. Cet aqueduc allait se jeter dans la fontaine du Loup, à Ronnet. Elle jaillit dans un pré, et est reçue dans un vaste bassin construit comme les puits des eaux thermales, en entre delà dans un nouvel aqueduc construit comme le premier, longeant Durdat, Arpheuil, se dirigeant sur Marcoing, et aboutissant au clos des Villattes, ainsi qu'on pouvait facilement le juger, il y quelques années ; et se versait dans d'autres plus grands encore, qui traversaient, les uns la partie supérieure de Néris qui va à l'amphithéatre, et les autres la partie qui borde les thermales. Ces derniers aqueducs avaient en-dedans deux mètres six décimètres d'élévation, et près d'un mètre de largeur. On y trouva dans les temps des vases de terra campana, recouverts de figures d'animaux, et de Mercures avec leurs attributs. Le couvercle de l'un de ces vases portait un lion avec sa crinière hérissée.
On se saurait trop admirer l'art avec lequel l'ingénieur hydraulique a saisi le niveau dans un pays rempli de vallées et de monticules, pour diriger ces divers aqueducs, à une distance de près de quatre lieues, sur Néris. Il serait très urgent et peu dispendieux de rétablir ou de restaurer celui qui va de Marcoing à Ronnet. Il est parfaitement conservé dans la plus grande partie de sa latitude : ce serait un service bien important à rendre aux habitans de Néris, qui ne boivent en général ques des eaux de puits qui sont très lourdes et de difficile digestion.
Au milieu de ces ouvrages et de ces monumens élevés et renversés tour à tour par la main des hommes et celle de la nature, les eaux minérales de Néris n'ont point changé de place, et le temps semble les avoir respectées pour dédommager les habitans des malheurs inouis qu'éprouvèrent leurs bons aieux.
Les eaux thermales étaient situées dans l'enceinte de la ville : il serait difficile aujourd'hui de prononcer surles édifices qui les avoisinaient, et sur lesquels sont construites les auberges destinées à recevoir les étrangers.
La découverte, dans les temps, de quelques fûts de colonne, avait fait soupçonner leur mignificence : Auberry nous avait appris qu'en 1604 le bassin thermal était traversé de plusieurs murailles en pierres de taille, incrustées de marbre par dessus, et de chaque côté relevées de marches, aussi couvertes en marbre : ces murailles, à fleur de pavé, étaient ouvertes pour se communiquer les eaux chaudes ; Ferrault avait aussi rapporté, qu'en 1614, les vestiges de la grandeur de Néris paraissaient encore, par la mignificence des bassins d'eau chaude recouverts en marbre, et par de grands aqueducs à la romaine. (Au marbre près, les choses sont encore dans le même état qu'à cette époque).
Malgré l'attestation de ces divers auteurs, et les découvertes ci-dessus mentionnées, on ignorait positivement la situation des thermes ; et lorsque nous dirigeâmes notre choix sur l'emplacement, Figuière, comme étant le plus commode et le plus à la portée du service général des auberges, pour y fonder le nouvel établissement thermal, nous étions loin de présumer que nous trouverions à 5522 millimètres en dessous, les restes de celui que les Romains y avaient construits, à si grands frais, deux mille ans auparavant.
Une fouille de soixante dix mètres de long sur six de large, qui avait pour but la fondation du principal aqueduc qui doit recevoir les eaux chaudes, et les communiquer aux piscines et aux baignoires, nous dévoila au grand jour les restes immortels de la grandeur et du luxe des peuples qui en faisaient usage.
Pour s'en faire une idée précise, et afin de pouvoir, d'après les détails de leur distribution facilement reconnaissable, juger de leur emploi, il faut supposer un plateau de forme carrée, ayant au moins cent mètres de long, sur quatre-vingt et quelques de large, situé sur le roc, à 6497 millimètres au dessous du sol d'aujourd'hui, partant du bassin thermal, se dirigeant dans une vallée riante, entre deux monticules bien plantés, agréablement variés, et sur lesquels sont probablement éparses les cendres de ceux qui en furent les créateurs.
Ainsi donc, sur ce plateau sont assis, savoir : les trois bassins thermaux d'aujourd'hui, une piscine carrée ayant au moins trente mètres de long, décorée d'appartemens, de galeries latérales et transversales, de couloirs, tous pavés et revêtus en marbre, recevant, et au même niveau (5), toutes les eaux qui s'échappaient des bassins ci-dessus, pour les reverser dans une seconde piscine, de quatorze mètres de circonférence ; ainsi de suite, dans une troisième de quatre mètres carrés, une quatrième de neuf mètres de circonférence, et enfin une cinquième de quatre mètres carrés.
Toutes ces piscines, construites en blocs de pierres de taille, dont la carrière paraît avoir existé dans le bois des Forges, ornées circulairement et latéralement de scalaria ou gradins, étaient pavées en belles et fortes planches de marbre blanc, reposant sur un bétone épais de six à sept pouces, appuyé sur un mortier de même dimension, et juxtaposé au rocher : les revêtissements intérieurs étaient aussi en planches de marbre, moins épaisses, apposées sur un ciment contigu aux blocs de pierre, et tous recouverts de plusieurs couches de stuc (6) plus ou moins fortes, suivant les parties qu'elles étaient destinées à enduire : ces magnifiques bassins étaient voûtés (7), et se terminaient par un même nombre d'étuves, ou laconium, de diverses grandeurs : ainsi les nayades bienfaisantes, après avoir successivement répandu à grands flots les plaisirs et la santé sur les personnes qui fréquentaient les piscine, allaient de nouveau exhaler en vapeurs, leurs principes salutaires, sur ceux qui avaient recours aux laconium.
30 mars 2009
La ligne de MONTLUCON à GOUTTIERES
Voici un documentaire sur la ligne de chemin de fer de Montluçon à Gouttières. Cet article évoluera en fonction de l'avancement de mes recherches.
La construite de la gare de Néris les Bains fut déclarée d'utilité publique en juillet 1913 mais il était déjà question d'un tramway dans les années 1897 qui devait relier Montluçon à Commentry en passant par Néris.
La ligne fut tracée sur le papier en 1919 et les expropriation commencèrent en 1924. D'une longueur de 45 kilomètres, c'est la dernière ligne construite par le PO (Paris Orléans).Elle se faufile dans une région accidentée. D'une altitude de 211 m au départ, elle arrive à son terminus de Gouttières à 655 m.
Les travaux de terrassement furent effectués entre 1921 et 1926 et la construction entre 1929 et 1931.
Dessinée par l'architecte Louis Brachet, la gare de Néris est un véritable chef d'oeuvre. Elle fut construite en grés rose de Montvicq et les pierres de taille en granit provenaient des carrières de Treignat. Les soubassements en grés houiller provenaient de Vallon.
Le bâtiment voyageurs est un véritable manoir avec non moins de 4 logements de service au 1er étage (en raison du personnel plus nombreux pendant les cures thermales), une toiture au dessin complexe formée par des tuiles polychromes.La verrière, située côté voies a été endommagée par un orage de grêle en 1946.
L'ouverture de la gare avait été prévue pour le 8 mars 1931 mais les intempéries de l'hiver 1930-1931 retardèrent les travaux. Un premier train de reconnaissance passa sur la ligne le 5 mai 1931 avec une locomotive à moteur 141T série 5600 (voir photo ci dessous) n° 5701, le mécanisien était Mr Passat et le chauffeur Mr Robert, tous les deux de Montluçon.
L'inauguration eut lieu le 15 mai 1931. Mais la ligne n'est pas rentable (baisse du nombre de curiste notamment) et fut fermée au trafic des voyageurs le 15 mai 1939 sauf pour l'express Paris Néris qui fut arrêté en septembre 1957. Il ne subsista que le trafic des marchandises qui stoppa définitivement le 3 novembre 1969.
La ligne est établie en voie unique. Le rail est du type 36 kg/m posé simplement sur du ballast constitué de sable. Des voies d'évitement ont été prévues à Néris les Bains, Durdat Larequille, Marcillat et Pionsat. La gare de Néris possédait d'une troisième voie entre les deux quais, particularité répandue au PLM mais peu courant au PO.
Au début des années 30, le PO loue, l'hiver, la ligne à la maison Michelin de Clermont Ferrand qui vient essayer ses nouvelles Michelines avant livraison aux compagnies de chemin de fer. Le 22 avril 1936, le PO effectue un essai avec un autorail ADN du centre du Blanc (Indre) pour parcourir la ligne dans l'horaire Montluçon - Ville 16 h 55, Néris les Bains 17 h 08, Clermont Ferrand 19 h 38. L'autorail est autorisé à rouler à une vitesse supérieure de 10 km/h à la vitesse limite des trains. L'engin retournera à Montluçon par le même itinéraire le lendemain.
Photo prise en septembre 1952. On voit une paire de voitures Néris - Paris en attente de départ derrière une 141TA.
La gare fut vendue à la commune de Néris les Bains le 4 février 1975 pour la somme de 205 000 francs de l'époque. Dénommé "Pavillon du Lac", elle fut aménagée en salle polyvalente et inaugurée comme telle le 15 juillet 1975. Elle fut inscrite aux monuments historiques pour sa façade et sa toiture le 21 décembre 1975.
La toiture fut rénovée en 2005 par l'entreprise Briere / Bellosta sous la houlette d'Anne Kergrohenn, architecte.
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Les travaux de construction de la ligne de chemin de fer furent rendu difficile par la forte dénivellation des terrains. Ils furent commencés en 1921 et terminés en 1926.
En juin 1924, après une tentative de grève, quelques maçons de la ligne Montluçon-Gouttières ont été congédiés à Néris.
Le viaduc de Sainte Agathe
Il mesure 165,50 m de longueur sur une largeur de 4 m. Il est constitué de 7 arches de 16 m d’ouverture.
La pierre vient de la carrière du bois de la Pierre de Treignat. Sa hauteur est de 40 m.
Le viaduc de Pérassier
Il mesure 216 m de longueur, comporte 9 arches de 18 m d’ouverture. Sa hauteur est de 51 m et également construit avec des pierres de Treignat.


Magnifique photo prise en 1968 - 1969 d'une 141 TA 416 (desserte marchandises) sur le viaduc de Pérassier.
Le viaduc de Néris ou viaduc des Chaudes
D’une hauteur de 23 m, il mesure 113 mètres de long, possède 7 arches de 10 m d’ouverture.

Voici le mur de soutènement à arcades comprenant 13 arches de 8 mètres d’ouverture :
En 1922, les projets des deux seuls viaducs de Sainte Agathe et Pérassier étaient estimés à plus de 3,8 millions de francs.
Arc voûté de 8 mètres d'ouverture (à l'entrée Nord de Néris les Bains) laissant le passage à la route de Montluçon qui, pour l'occasion, avait été déviée de 170 mètres.
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J'ai acheté il y a peu le n°31 de la revue bimestriel "LE P.O. ILLUSTRE" de mai 1931.
Ce journal était destiné au personnel de la compagnie ferroviaire Paris Orléans, compagnie qui était chargée de la construction de la ligne de chemin de fer Montluçon - Gouttière en passant par Néris les Bains.
En voici donc l'intégralité
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Page 3, deux articles :
Voici donc l'article complet qui suit pages 8 et 9 :
Le Réseau d'Orléans compte une nouvelle ligne, celle de Montluçon à Gouttières qui a été ouverte à l'exploitation le 15 mai dernier.
La construction de cette ligne avec son tracé actuel fut envisagée en vue d'obtenir, d'une part, des relations plus directes entre Montluçon et Clermont Ferrand, et de desservir, d'autre part, le bassin houiller de Gouttières - Pontaumur, alors récemment découvert.
Les opérations sur le terrain et l'étude des projets furent commencées peu après le vote de la loi du 7 juillet 1913 qui déclarait la nouvelle ligne d'utilité publique et la concédait définitivement à la Compagnie d'Orléans. La mise au point des projets, considérablement ralentie du fait de la guerre, ne put être terminée que fin 1919.
Les travaux d'infrastructure, commencés au début de 1921 et achevés en 1926, furent rendus difficiles par les fortes dénivellations du sol dans cette région tourmentée des premiers contreforts du Massif Central. Il fallut se livrer à d'importants terrassements, déjouer maints obstacles naturels et multiplier les travaux d'art, dont l'élégance ne le cède en rien à la robustesse. Signalons, dans cet ordre d'idées, les jolis viaducs en maçonnerie de granit de Sainte Agathe, de Pérassier et de Néris, situés entre Montluçon et Néris, qui atteignent respectivement 40 mètres, 51 mètres et 23 mètres de hauteur ; le viaduc situé entre Pionsat et Gouttières et dont la hauteur est de 21 mètres ; le viaduc de la Cellette, et enfin le souterrain des Bouchauds, de 585 mètres de longueur, par lequel le rail atteint le bassin de la Sioule, arpès avoir abandonné celui du Cher.
La superstructure ne présente pas, en ce qui concerne la voie proprement dite, de particularités notables. Disons toutefois que le rail employé est du type Standard, pesant 36 kilos le mètres courant, sauf dans les courbes d'un rayon inférieur à 500 mètres où le rail D.C., pesant 42 kilos le mètre, a été utilisé.
Il convient de signaler le caractère esthétique des bâtiments de la ligne. La gare de Néris les Bains, bâtie en grès de Vallon, aux teintes délicatement nuancées de jaune et de rouge, marque une nouvelle étape franchie par le Réseau d'Orléans dans sa recherche d'une architecture de caractère local, dont les gares de Capdenac et de La Baule avaient marqué les premières étapes.
La ligne de Montluçon à Gouttières, longue de 41 kilomètres, serpente dans une région très accidentée et offre au touriste le spectacle sauvage et grandiose de collines abruptes et de ravins encaissés au fond desquels murmurent les eaux vives d'impétueux torrents.
Elle se détache de celle de Montluçon à Eygurande à un kilomètre de la gare de Montluçon (altitude 211,36) et se raccorde à Gouttières (altitude 655,83) avec la ligne de Lapeyrouse à Volvic, après avoir desservi la station thermale réputée de Néris les Bains et deux chefs-lieux de canton : Pionsat et Marcillat, où l'on peut admirer un superbe château du 15ème siècle avec donjon.
La charmante localité de Néris les Bains retient tout particulièrement l'attention. N'a-t-elle pas, d'ailleurs, ses quartiers de noblesse, elle, dont les origines remontent, selon un grand nombre d'auteurs anciens, à Néron qui l'aurait fondée ? D'où son nom, tiré de celui de cet éclectique empereur romain tristement célèbre. Quoi qu'il en soit, il est hors de conteste que Néris, sous la domination des Romains, était déjà une ville importante à laquelle aboutissaient plusieurs voies (nous dirions aujourd'hui des routes), entre autres celle de Bourges à Clermont.
L'énorme quantité de médailles, d'objets d'art et de fragments d'édifices somptueux de tous genres qu'on y a retrouvés atteste la magnificence de cette cité, explicable par sa situation géographique et l'efficacité curative de ses eaux thermales. Les Romains mirent à profit l'existence de ses sources chaudes et édifièrent des thermes et des arènes dont on peut encore admirer les vestiges.
Après avoir été détruite et rebâtie plusieurs fois, la cité gallo-romaine fut complètement ruinée par les Normands, et ses sources tombèrent dans un abandon total. Ce n'est guère que vers la fin du 15ème siècle que Néris connut un regain de faveur surtout marqué au 18ème siècle où l'on vit des personnages célèbres, tels Chateaubriand et Lamartine, demander à ses eaux le secret de Jouvence...
L'établissement thermal, dont la première pierre fut posée le 15 juin 1826, ne fut achevé qu'en 1853. Depuis lors, Néris continue à être de plus en plus fréquentée et est en voie de reconquérir son ancienne prospérité par la qualité de ses eaux qui donnent d'excellents résultats dans le traitement des affections relevant du rhumatisme, de la sciatique, des névralgies.
Non loin de Gouttières, point terminus de la nouvelle ligne, se trouve une autre station thermale : Châteauneuf Les Bains qui n'occupe pas, en importance, la place que lui vaudraient sa situation au fond de la gorge profonde mais riante de la Sioule, et la vertu remarquable de ses eaux, souveraines contre l'anémie, les affections cardiaques et rhumatismales et certaines maladies de la peau.
La nouvelle ligne de Montluçon à Gouttières est appelée à rendre de grands services par les facilités qu'elle offrira aux excursionnistes, tentés par les âpres beautés de toute une contrée jusqu'ici quelque peu déshéritée, et aux malades qui viennent demander aux eaux bienfaisantes de Néris le soulagement de leurs maux.
Le château de Montluçon
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Le même lieu mais quelques décennies plus tard...
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La ligne n'est pas rentable et fut fermée au trafic des voyageurs le 15 mai 1939 sauf pour l'express Paris - Néris qui fut arrêté en 1957. Il ne subsistait que le traffic des marchandises qui stoppa définitivement le 3 novembre 1969.
La gare fut vendue à la commune de Néris les bains le 4 février 1975. Dénommée "Pavillon du Lac" elle fut aménagée en salle polyvalente inaugurée le 15 juillet 1975. Elle fut inscrite aux Monuments Historiques pour sa façade et sa toiture le 21.12.1975.
Les 6040 mètres de la voie ferrée de Néris les Bains à Montluçon furent aménagés en voie piétonne qui fut "mise en service" le 26 mai 1976.
08 février 2009
NERIS EN 1569
Nicolas de Nicolay fut un des premiers géographes français à établir une figure exacte du Royaume en commençant par étudier isolément chaque province. C'est en 1566 , pendant que Charles IX était à Moulins, que ce projet reçut l'approbation du Roi et celle de la Reine mère Catherine de Médicis. Pourvu du titre de "Géographe Ordinaire de sa Majesté", Nicolay produisit "La générale description du Bourbonnais" en 1569.
Voici la partie concernant Néris. L'orthographe est conservée.
"Les antiquités ruines et vestiges qui se voient encores pour le jourd'hui a Nerys, ainsy nommé comme plusieurs estiment du nom de Neron empereur de Rome, demonstrent avoir anciennement esté une bien belle et grande ville combien que pour le present ce ne soit qu'un bourg et une paroisse contenant deux centz quarante huict feuz, dont la situation est sur la montaigne en pais pierreux et bien rudde, et la y a un prieuré de l'ordre Sainct Augustin deppendant de la prevosté d'Esvo en Combraille lequel est de bon revenu, outre que le prieur pres de l'eglise y est accommodé d'un beau grand logis et au dessoubz d'icelle se voient les ruines d'un ancien chastel situé sur une mothe fossoyée estant à cinq faces ou forme pentagone, ayant cinq petites tour rondes et une sixiesme plus haute et plus grande que les autres qui semble avoir autresfois servy de prisons. Puis un peu plus bas sur le chemyn tendant a Montluçon entre vallées et collines est la belle et grande garenne de gros arbres de Bouys aucuns desquelz arbres sont de la grosseur d'un petit corps humain et seroit chose difficille d'en pouvoir trouver telle quantité de plus grandz ny de plus beaux ; et dans icelle garenne en divers endroictz sur petites mothes eslevées en façon de forts, entre umbrageuses vallées plusieurs vestiges et ruine d'edifices et grosses murailles de bricque cimentées antiques et outre le ruisseau des baings a l'occident, sur une autre montaigne sont les ruines d'un autre grand chasteau fort, de manière que de tous coustés se veoid apparance d'antiquité voire que les habitants du lieu en labourant la terre y treuvent souvent des medailles d'argent et de bronze des empereurs Neron, Vespasien, d'Antonyn et de Faustine, et y en ay recouvert plusieurs.
Tirant vers la vallée, à l'occident environ sept vings pas au milieu du bourg sont situés les antiques baings chaulx de Nerys edifiés du temps des Romains en forme sexagone ou a huict faces, de beaucoup plus longs que
larges, contenant de tout circuit deux cents soixante trois piedz de Roy et cinquante piedz au plus large, environné par le dedans de trois rengs de grandes marches ou degrés de pierre à mode d'un theatre pour service de sièges à ceux qui s'y baignent et y en a aussy autour des deux puitz le plus grand desquelz est pareillement a six faces tenant toutes fois sa forme quarrée.
Les sources principales desdictz baings qui tiennent de soulphre et du bithume sont continuellement bouillantes combien que la challeur soit assés tempérée : la couleur de l'eaue tient du celeste, meslée d'un peu de verdeur, et est si parfaictement claire que l'on verroit une esplingue au fondz ; elle est très aunable a boire mesmement estant refroidie et si est exellente à plusieurs infirmités, et parce plusieurs personnes privées et estrangières s'y vont baigner. Elle resoult et mollifie toutes durtés comme gouttes noueuses et guerit les galleux et podagres et plusieurs autres maladies. Victruve en son huictiesme livre chapitre troisiesme dict que le breuvage des eaux bithumeuses a accoustumé de guerir les douleurs interieures en purgeant les personnes mollestées de mauvaises humeurs.
Asses pres desdictz baings du cousté de midy y a une fontaine d'eaue froide mais un peu fade a boire, et l'eaue qui decolle des baings faict un petit ruisseau, lequel entre vallées profondes et tortueuses après avoir faict mouldre treize moulins, tournant tout court à senestre à un quart de lieue au dessoubz de Montluçon se va desgorger dans le Cher.
Foires de Nerys :
Au bourg et paroisse de Nerys ne soulloit avoir aucunes foires ; mais le Roy et la Royne estant à Molins en l'an mil Vc soixante six a la supplication et poursuitte des habitans y en erigea quatre ainsy que s'ensuit :
La première l'endemain de la Trinité ;
La deuxiesme la veille Sainct Jehan Baptiste ;
La troisiesme la veille de tous les Saincts ;
La quatriesme la veille de Saincte Agathe."
14 janvier 2009
Nouvelle carte postale
La route de Villebret passe devant la maison blanche où habitait, lorsque j'étais plus jeune, Mr Sanvoisin.
10 janvier 2009
Nouvelle carte postale
Je vous rappelle que si vous souhaitez recevoir une carte postale par mail sans le titre "fifideneris.canalblog.com", demandez la moi et je vous l'enverrais avec un grand plaisir.
Cette maison se trouve à l'angle de la rue de Saint Joseph et la rue Cuvier.
04 décembre 2008
Jean BEDOUIN
Voici une nouvelle carte postale que je viens d'acquérir. S'agit-il du même Jean BEDOUIN qui fut maire de Néris élu du 26 novembre 1933 jusqu'en 1935 ?
Extraction d'un Essaim artificiel sur une Ruche vulgaire, par M. J. BEDOUIN
dans un de ses ruchers de NERIS-les-BAINS.
20 novembre 2008
Recensement de Néris les Bains en 1911 (2)
Comme promis, voici la deuxième partie de mon fichier :
Recensement_NERIS_LES_BAINS_de_1911 (2ème partie)
Recensement de Néris les Bains en 1911 (1)
Depuis ce matin, je viens de terminer la saisie sur Excel du recensement de la population de Néris les Bains en 1911 (ceci représente un nombre conséquent d'heures de frappe sur l'ordinateur !)
Malheureusement, le fichier est trop important pour que je puisse le mettre en un seul document sur ce blog. Je vais donc l'enregistrer en deux parties.
C'est un document très intéressant qui reprend par rue ou par village le nombre de maisons, le nombre de ménages par maison, les nom, prénom, âge, lien de parenté, et profession de chacun des 3075 nérisiens.
Je vous en souhaite bonne lecture.






















































