09 août 2009
CHANSON DES LAVEUSES
Voici la chanson des laveuses de Néris les Bains. Elle a été présentée lors d'une grande revue intitulée "NERIS S'EVEILLE" jouée par la "SOCIETE ARTISTIQUE NERISIENNE" le dimanche 29 avril 1934 au Casino Municipal de Néris les Bains.
Elle était interprétée par mesdemoiselles MAZUE, PERONNY, THEVENIN, SALVERT et par mesdames AUCLAIR et LECUSSAN.
Cette chanson se chantait sous l'air "Y'm faut mon patelin"
I
Il est des femmes pleines de manières
Qui sont coquettes, riches et adulées,
Tant mieux si elles peuvent vivre sans rien faire,
Car comme dit l’autre, il n’y a pas de sots métiers,
Toutes n’ont pas la même veine,
Car pendant qu’elles se baladent,
Nous, laveuses, chaque jour d’la semaine,
On va rincer la « bujade »
REFRAIN
Levées de bon matin,
La brouette en mains,
Nous prenons le même chemin.
C’est à Cournauron,
Que nous descendons,
Laver les ch’mises, les cal’çons,
Notre métier est ingrat,
Nous souffrons quand il fait froid,
Mais si le temps est chaud,
Faut pas oublier l’lolo !
Une bonne bouteille,
Quand il fait soleil,
J’vous assure qu’çà vous réveille !
II
Perlante, Cournauron et les Rivalles,
De Néris sont les plus grands lavoirs,
C’est d’vant chaque pierre que l’matin s’installent
Nous les chevalières du battoir !
Toutes ont la langue bien pendue,
Et les potins, les cancans,
Pour nous ne sont pas perdus,
Car on en parle constamment.
REFRAIN
Un grand coup d’battoir,
Qu’est ce qui a le crachoir ?
Tiens, mais c’est madame Micard.
Une bonne friction !
La Sourde, attention !
Ecoute la conversation.
Si Perlante a Valentine,
Aux Rivalles y a Caroline,
Et tous les jours nous voyons
La Fanny à Cournauron !
A genoux dans l’cabas,
On ne s’ennuie pas,
Au milieu d’toutes ces femmes là !
III
J’allais omettre, mon Dieu quelle affaire
L’lavoir des Chaudes, dont on change le cadre,
Car tels jadis nos braves mousquetaires,
Les trois lavoirs de Néris sont quatre.
Le croiriez vous, ça renserse,
Mais des hôtels, des villas,
Dans ce dernier se déversent,
Les reliefs de tous les r’pas.
REFRAIN
Me direz-vous vraiment,
Que c’est appétissant,
D’voir flotter d’la chose là-dedans,
Et d’penser aussi,
Que les égouts de Néris,
Se donnent rendez-vous ici.
Les bourgeois feraient bien mieux,
De garder leur… miel chez eux.
Et par mesure hygiénique,
D’installer des fosses sceptiques.
Sans faire d’embarras,
Nous, on ne tient pas,
A laver dans l’bouillon gras.
IV
Pour être laveuse faut du matériel,
L’cabas, la benne, la brosse à chiendent,
La bassine, le bleu et l’eau de Javel,
L’savon, le battoir, c’est évident,
L’hiver c’est le brasero,
Et le sac de charbon de bois.
Malgré tout l’métier s’rait beau,
Si on pouvait l’faire chez soi !
REFRAIN
Ecoutez M’sieur le Maire,
C’est une prière,
Que vous font les lavandières,
Faites une bonne action,
En r’montant du fond,
Le lavoir de Cournauron.
Ne pourriez-vous par hasard,
Le placer au camp d’César,
Ou bien alors pour y aller,
Faire une ligne de tramway.
Sans être exigeant,
Quelque chose d’épatant,
Ce serait le tapis roulant.
Si parmis vous, cette chanson vous rappelle des souvenirs, des anecdotes, dîtes le moi ! (Soit en commentaires, soit cliquez "contacter l'auteur")
13 avril 2007
Poème sur la cavalcade de Néris en 1892
Nous sommes quelques-uns ici,
Sur deux siècles à cheval
Se souvenant d'un carnaval.
Une cavalcade à Néris
Etait alors en chaque esprit
De Barthélemy cette idée
Fut par le Maire décidée.
Chez tous volonté fut pareille
Pour sa réussite à merveille
Cette belle fête d'un jour
Sera à évoquer toujours.
Tu y étais toi, mon cher Georges
La déesse à la belle gorge,
Petit Achille avait grandeur,
Sur son char d'empereur !
En Turcs coiffés et costumés
Dans un grand tambour enfermés,
Musiciens de la fanfare
Y faisaient un joyeux tintamarre !
Dereure aîné tenait baguette
Trombone était Delarbeyrette
Jeune Mouly y pistonnait
Et son ami Clément buglait.
La Villa de la Casserolle
Cuisine montée sur Bagnolle
Où cuisiniers cuisinaient
En veste blanche et grand bonnet !
Autissier s'y distinguait,
Avec son collègue Pinguet,
Simulant préparer bons mets
Qu'attablés, attendaient gourmets !
Le char de l'Agriculture
Un vrai champ en miniature !
Clément, sacristain, labourait
Et blonde Pouénat trônait !
Après, le grand char de la Mine,
Trou noir, puits, ayant bonne mine
Suivaient, tenant lampes derrière
Les mineurs venus des Ferrières.
Ménanteau était en nourrice ;
C'était là curieux caprice
D'un petit homme intelligent
Qui faisait de pierre argent !
Dominant tout, le char des Eaux
Etait entre tous le plus beau.
Les Grands du Pays, adversaires,
Firent tous trêve pour le faire !
En un long rang, mains en leurs gants,
Filles et garçons élégants
Donnaient d'une noce figure
Qui avait vraiment grande allure !
Autour du tout caracolants,
Cavaliers étincellants !
C'était une très belle fête
Qui m'en est restée toujours en tête !
Faisons que dans notre Amicale,
De souvenirs l'on se régale !
Nombreux vous les rechercherez
Et vous nous les rapporterez !
Ainsi plus tard, nos remplaçants
Nous en seront reconnaissants !
Ce sera notre récompense
Et leur disons : Merci d'avance !
Poème écrit par Auguste Clairet, président de l'Amicale des Vieux Nérisiens" 1950



















