Gilbert Larbaletier naquit en 1835 à Néris d'une famille honorable et très ancienne. Son aïeul Antoine Larbaletier fut syndic de Néris et comptait parmis les biens tenans de la paroisse. Il fit ses premières études au petit séminaire d'Yzeure ; son goût très prononcé pour la carrière des armes le porta à la fin de son année de rhétorique à s'engager dans le 1er hussards.

Il fit plusieurs campagnes en Syrie, en Afrique et la guerre avec la Prusse le trouva sous-lieutenant dans le 7ème hussards. Or quelques semaines après le commencement de cette épouvatable guerre, un de ses amis, M. le Lieutenant de chasseurs, Odilon Domergue, écrivait de la terre de captivité et d'exil à sa soeur :

"M. Larbaletier, officier au 7ème hussards a été tué à quelques pas de moi à la sanglante bataille de Gravelotte".

Ce courageux officier tombait frappé au champ d'honneur le 16 août 1870, et le 15 à 2 heures du matin, il écrivait au crayon sur une botte de paille ce petit billet :

"Hier soir, 14 août, bataille de Metz. Victoire. Je suis intact." Et au moment où ses parents lisaient cette bonne nouvelle, leur enfant unique n'était plus. M. Larbaletier était mort en chrétien, et, ce qui est la même chose, en brave.

Avait-il pressenti l'heure du glorieux sacrifice ? On le dirait aux soins qu'il avait mis à se préparer à cette guerre. Avant d'entrer en campagne, il écrivait : "Je suis prêt : mon âme à Dieu, ma vie à ma patrie".

Et le 10 août : "J'ai rencontré dans les rues de Vry (village qu'il occupait avec son escadron) le curé de la paroisse, qui m'a prié avec la plus grande bienveillance d'entrer chez lui. Je vous prie de croire que nous nous sommes quittés bons amis avec ce digne curé, duquel j'ai reçu l'absolution".Monument_1870Monument2_1870

2 photographies du monument en souvenir de la guerre de 1870 qui se trouve au cimetière.

Ainsi est mort sur le sol sanglant ce jeune officier qui avait gagné ses épaulettes sur la terre d'Afrique par de brillants faits d'armes.

Puisse son sang, puisse le sang de tant de coeurs généreux n'avoir pas coulé en vain. Puisse-t-il être un sacrifice agréable à Dieu, et faire luire enfin sur la France après l'épreuve, des jours de paix et de bonheur.

Un autre enfant de Néris tombait le 27 décembre 1870, la jambe broyée par un obus à la bataille de Saint Quentin. Blessé le 4 août à Freschwiller et fait prisonnier, il résolut avec un de ses compagnons d'armes de rentrer en France pour donner de nouveau son sang à sa malheureuse patrie.

Après des fatigues inouïes, des privations excessives, des dangers sans nombre, il parvint du fond de la Westphalie à Lille. Le commandant de place l'incorpora dans l'Armée du Nord, sous les ordres du général Faidherbe. Et le jeune soldat, quelques jours après, assistait à toutes les batailles livrées près de Saint Quentin. Il est mis à l'ordre du jour, promu au grade de sous-officier, et après la blessure du 27 décembre, il dut subir l'amputation d'une jambe.

Il vient de recevoir, avec une pension, la médaille militaire, et si vous voulez me suivre au tombeau du chevalier de Malte, vous pourrez le rencontrer. Son père est un ancien et fidèle serviteur du chevalier.

Extrait  de "Récits et Impressions sur Néris les Bains" par G. Clément - 1872.

Si vous connaissez le nom de ce dernier soldat ou de ses descendants, je suis preneur !